Damrong and Pats for ever
#11
Je suis descendu au petit déjeuner. Suis allé me ballader au basijiri park où j'y ai lu.

Je suis retourné à l'hôtel. Et là, soudain, du balcon, j'ai entendu des voix. Le choeur de mes régulières pattayennes qui me disaient qu' ici à Bkk, tout était loin  :  la mer polluée, les bars miteux de la soi Honey, le Bamboo et le Red Car. Le Patsy bar de la soi 8 et le JP bar, aussi. Que tout était cher :  la laundry, les Lt, le métro, les conso et les restau. Que tout était gris :  le béton, mon humeur et la vue de mon balcon. Que tout l'espace était saturé du vide de leur absence, et que c'est peut être ça qui rendait l'air irrespirable. Qu' elles avaient toujours leur cul sagement rangé dans les micro-short, et les petits pieds dans leur talons hauts.

Qu'elles avaient beaucoup "travaillé" depuis ma dernière visite, c'est à dire un peu baisé, un peu picolé, un peu fait la fête, mais qu'elles savaient que je ne leur en voudrais pas et que c'est même pour ça que Damrong les aimait.

Puis ça s'est aggravé. J'ai eu des visions façon flash back ensuite:  visage qui pleure contre moi, dos tatoués, fille qui grogne de plaisir, jouit, avale et dort. Bourrée et qui vomit. Mais qui me sourit aussi tout simplement, d'un sourire plein de surprise de me revoir là, revenu de 6 mois fermes, de 6 mois qui constituent ma normalité sociale en France. Six mois, qui semblent une éternité mais qui seraient passés en un éclair en même temps. Et que des six mois, ben y en a eu beaucoup.
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#12
Et tout ça, ça se passe sur un tabouret défoncé dont la mousse commence à se barrer, autour d'un billard mal placé où l'on est gêné pour jouer à cause du mur ou d'une fille qui passe en s'excusant (ou pas). Sous le ventilo, les petits autels bouddhistes perchés, pas loin d'une barre à strip et des glaçons qui fondent dans mon Cointreau, posé sur un sous bock en tisssus. Dans les fumées des side cars BBQ, et le vacarme des motosais pétaradant.

Alors forcément, j'ai commencé à bander. Si elles s'y mettent en meute ces connes, comment voulez-vous que je lutte ?
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#13
Alors vous avez deviné. Après 24 heures sur Bkk, jai booké Ying pour le lendemain. Direction Pats. ".... Là où je suis dans mon élément, là où j'ai tellement passé de temps à kiffer rien faire, je suis presque un meuble qu'on peut pas déplacer.."

Prêt à vivre la Saison 2. La saison 2 de l'année 2016 de ma vie de punter, aux vacances qui puent du cul, avec mes petites histoires de merde à Pattaya.

Alors pour faire plus court, je suis persuadé qu'il y a moyen de s'éclater à Bkk tout autant qu' à Pats. Mais pour ça il aurait fallu que je me sorte les doigts. Au moins un peu. Avoir un zeste d'ambition, de pêche. Et j'ai pas eu envie de me faire chier. Mais alors pas du tout. Retour à Pats comme on rentre chez soi. Mon terminus, mon ultime impasse.

Le soir même, je n'ai pas bougé. J'ai dîné à l'hotel. Il y a eu un violent orage, et de fortes pluies.
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#14
Dimanche 20 nov au matin
Après un moment de lecture au Basijiri park, je rentre à l'hôtel. Je tire sur mon cigare au balcon, en attendant le chauffeur. Je monte le son de ma playlist, un frisson me parcourt l'échine. Pats m'attend.

Ying est à l'heure, on trace. Check-in au Sea me Spring, soi 10, que j'ai booké hier. Parce qu' au Sandy (Spring) il n'y avait plus que des suites pour gros budget.  Room Seaview, enfin à condition de frôler le torticolis en se penchant au balcon. Plutôt soi view je dirais. Enfin je m'en fous. La piaule est grande. Carrelage plutôt que moquette. Pas plus mal, je me suis toujours dis que la moquette dans les hôtels de punters, bon ... Ah par contre c'est une piaule à 2 lits, mais je pourrais changer demain.

Je range mes petites affaires, vais voir ce que donne la piscine rooftop. Et hop je ressors, j'achète mon kamagra à 50 m, repère la laundry ... Bah voilà, c'est pas compliqué une belle destination de vacances ! 

Au retour, il est presque 14 h. L'heure du retour au bureau la plupart du temps. Mais à Pats, c'est l'heure morte. Du balcon, j'observe l'animation du soi. Un motosai ramène une fille qui sort de Lt.  Deux masseuses, le cul sur leur chaise en plastique en bas, me font coucou. L'une me fait signe de descendre. Elle est principalement occupée à chasser les mouches avec sa tapette à la main. L'autre se fait les cheveux. Les deux interpellent les types qui passent sans jamais s'arrêter.  Elles tapent la discute avec un motosai, une employée du Sawasdee juste à côté qui passe le balai. Achètent de quoi grignoter à la roulotte.

Tout est calme, fini le bruit incessant de la circulation. Fait du bien.

Je rentre dans la piaule. Je m'endors.
Je me sens bien au réveil. En harmonie avec le lieu, l'ambiance de vacances. Je n'ai plus qu' à me laisser porter, descendre la pente.
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#15
Je me prépare ensuite pour la soirée avec comme cible, ma Milf relou de la dernière fois. Rappelez-vous, celle qui a mis des larmes dans mon vin blanc, un peu de sel dans le séjour. La belle histoire du dernier trip, à base d'engueulade en VO, de viande crue, de fausse jalousie, de baise en terrasse, de degueulis aux chiottes, de sourires et d'orgasmes aussi et d'un au-revoir qui m'a fait mal. Tout ça passé au mixeur de Pattaya, à boire cul sec. L'élue de la dernière soirée. Et celle de la première de ce nouveau séjour. Enfin on va essayer. Pour boucler la boucle de ces 6 derniers mois.

La soirée donc, que j'entame ni trop tôt, ni trop tard. Ni trop tôt pour être à peu près sûr qu' elle soit déjà dans le rade, ni pas trop tard pour réduire le risque de prise en main.

A savoir, je ne garde jamais ou très rarement les numéros de téléphone. A l'heure des réseaux sociaux, fb line and co moi je fais ça à l'ancienne, en me pointant dans le soi comme une fleur. Ou encore les skis sur l'épaule, une expression equivalente.

Je me rapproche donc doucement, but  :  voir avant d'être vu. Le moment où c'est pas encore gagné. Elle peut être au pire sur les genoux du premier venu, au mieux absente. Rateau ou vent. Ils auraient bonne mine, les 10 000 bornes ! Putain, 6 mois dans les pattes pour vivre ça ... La fille qui fait semblant de ne pas te reconnaître parce qu'elle est occupée, ou la copine qui t'apprend d'un air complètement indifférent qu' elle a quitté le rade, déjà barfinée ou je ne sais quoi d'autre... Moment de cruelle solitude.

Remarque se prendre un rateau ou un zef avec un tapin ça reste un mets de choix pour savourer sa décadence, la définitive déroute de sa vie affective, le goût amer des années qui s'empilent, passées à creuser encore plus profond que le fond...

Mais mon ange gardien n'a pas osé me faire un coup pareil (il doit se réserver pour la suite).  J'ai remonté le soi, lentement. Je l'ai reconnue un peu avant, vissée sur le tabouret. D'un coup d'oeil panoramique j'observe que la route est dégagée, c'est à dire qu'à part un gros farang il n'y a personne dans le rade. Je m'approche, elle me reconnait et me sourit, je me faufile entre les bécanes garées devant,  monte les 2 marches, et parcours à peine 2 mètres pour la rejoindre .... Putain j'étais fier comme le Général Leclerc qui a remonté la Nationale 20 à la Liberation, sauf que moi c'était pour rejoindre un tapin moyen pattayen de 40 balais dans un rade bas de gamme. On a les moments de gloire qu'on peut.  Quand on a dépassé le stade d'en pleurer, d'en avoir honte, de ne pas oser le dire, on finit par en rire. Si si, vous verrez.

Et on se tombe dans les bras, j'étais content et ému à la fois, ses cheveux, son sourire et le son de sa voix, son grain de peau, le fond un peu rouge de ses yeus de fetarde...  La came de ma soirée, le passeport pour l'entrée dans mon petit monde pattayen.

C'était un moment un peu beauf, un peu en plastique, mais il y avait un peu d'humanité qui avait séchée dans le fond  quand même.

De toute façon, le ridicule m'a déjà tué mille fois à Pats. Je ne suis pas à une resurrection prête, car à nouvelle vie et nouveau trip, nouvelles putes.
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#16
[Image: 1612021146419811.jpg]
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#17
Merci Dam pour ce début de report toujours aussi croustillant! Grand sourire

Moi j'adore ce passage

"Remarque se prendre un rateau ou un zef avec un tapin ça reste un mets de choix pour savourer sa décadence, la définitive déroute de sa vie affective, le goût amer des années qui s'empilent, passées à creuser encore plus profond que le fond..."

y a que "les jeunes" qui s'en rendent pas encore compte...

merci et vivement la suite
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#18
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#19
(02/12/2016, 12:19)Henjay a écrit : Quand on a dépassé le stade d'en pleurer, d'en avoir honte, de ne pas oser le dire, on finit par en rire. ..

Vivement que je passe ce putain de stade , je me dis que depuis le temps cela devrais être fait , j'en conclu que comme c'est pas un manque d'expérience , c'est sans doute un manque d'intelligence , mais bon c'est comme la taille de ma bite , c'est une valeur qu'on ne choisi pas à la naissance.

J'attends la suite du report , mais un merci déjà...
Je viens d'apprendre que les efforts sont payants ... déjà que j'avais pas trop envie d'en faire ! Cool
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#20
Prometteur ce début de report Sourire

C'est vrai que deux semaines loin de la mer ça n'aurait pas forcément ressemblé à des vacances!!

En tout cas je prends toujours autant de plaisir à lire tes aventures ainsi que ces anecdotes Pattayesque pleines d'autodérision que tu narres si bien et dans laquelle je me retrouve souvent !

Merci Dam
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