04/09/2016, 01:44
17*
Mon téléphone, que j’ai volontairement posé à l’autre bout de la pièce, se met à hurler
à 4h45 du matin. J’ai du mal à sortir de mon lit, l’air climatisé de la chambre me plonge
dans un sommeil dont il est difficile d’émerger. Je me lève malgré tout lorsque l’envie
de ne plus entendre le bip infernal de l’alarme, surpasse celle de rester allonger.
Après une douche prise à la va-vite, j’empoigne ma valise pour me rendre à la réception
afin d’effectuer le check-out.
Notre taxi fonce à travers les rues sombres de la ville encore bien endormie. À cette
allure nous arrivons vite à l’aéroport.
Une fois l’enregistrement des bagages effectué, les formalités de douane réglées, nous
allons prendre un petit déjeuner au food court. Je commande une soupe bien chaude
que j’assaisonne de poudre de piment pour me donner un petit coup de boost.
Notre avion a une heure de retard, j’en profite pour fermer un peu les yeux. J’arrive
également à prolonger ma nuit dans l’avion, ce qui est très rare. J’étais vraiment
fatigué. Cela ne m’a néanmoins pas empêché de faire tout un tas de cauchemars durant
les trois heures de vols.
Nous posons les pieds à Manille aux alentours de midi. Nous récupérons les bagages,
passons rapidement la douane, puis avalons notre premier fast food depuis bien
longtemps. De toute façon Les Philippines riment avec fast food pour moi, car dans les
lieux touristiques, la gastronomie locale n’est vraiment pas terrible. J’imagine qu’il doit
y avoir de bons plats dans leur cuisine mais je doute d’avoir la chance de les goûter à
Angeles city…
Une fois que nous avons effectué un peu de change, nous prenons un taxi à trois mille
cinq cent pesos (67 euros), la négociation est très difficile avec la femme de la
compagnie. Il aurait fallu que nous réservions une navette avant d’arriver ici… tant pis.
Le chauffeur est cool, il me parle des élections présidentielles, me dit qu’il supporte
Duterte car il ne fait plus confiance à l’oligarchie qui gouverne le pays depuis des
décennies, tout le peuple philippin souhaite de réels changements. Il me parle
également de son addiction aux jeux d’argent qui a failli lui couter son mariage à
plusieurs reprises. Nous parlons des femmes, de la prostitution, de la religion… Les deux
heures de route passent très vite. Pendant ce temps-là Axl et Steve roupillent comme
des paresseux à l’arrière du véhicule.
Angeles city, à l’Est il n’y a plus rien. Le bout du monde, le début de l’enfer - Etre
convaincu de toucher le fond mais sentir le sol se dérober sous ses pieds pour tomber
encore plus bas, puis finalement atterrir en plein milieu de la Fields… - Quelque chose
de malsain planait autrefois dans l’air vicié de cette ville, une ineffable gêne qui
transcendait le désir charnel, qui vous mettait mal à l’aise. Ici La prostitution était très
structurée, froide, presque industrielle. Le côté « exploitation de la femme » était bien
palpable. Les plus grands gogo comme l’Atlantis ou encore le Dollhouse employaient
des centaines de filles qui se succédaient par groupes de vingt sur scène, du travail à la
chaîne. Obligées d’exécuter des chorégraphies durant des heures en espérant qu’un
vieux punter défoncé au Cialis les choisisse pour les baiser de toutes les façons
possibles, les filles n’arboraient pas vraiment le sourire si ma mémoire est bonne. À cela
s’ajoutait un cocktail de mendicité rampante et d’agressivité dans le regard des locaux
qui avait quelque chose de violent; étrange sensation d’être un ennemi avec lequel ils
composaient malgré eux. Cette ville ne m’avait vraiment pas laissé un bon souvenir.
Steve, quant à lui, avait adoré. Il faut dire que depuis que je le connais, il a toujours eu
eu cette fascination pour les endroits un peu glauques, il apprécie tout particulièrement
la prostitution qui sent l’esclavage, les filles au bord du gouffre, il allait souvent les
chercher sur la beach à Pattaya, ça devait probablement lui donner l’impression de les
sauver de la misère. Il s’enfermait avec elles pendant des heures dans sa chambre
d’hôtel pour parler, écouter de la musique, faire l’amour…
Contrairement à Farid, Axl et moi, Steve n’assume pas son statue de punter. Il se voit
plus comme un baiseur occasionnel alors qu’en réalité il consomme autant, voir plus de
tapins que nous. Son comportement avec les filles s’explique en partie à cause de cela.
Je pense que comme le disait « blondin », le monde se divise en deux catégories : ceux
qui sont fait pour une seule femme et ceux qui sont des nomades de la chatte.
Le nomade est celui qui ne veut pas se poser, ou qui se pose mais qui continue à baiser
à droite et à gauche sans scrupule sous peine d’être frustré. S’il s’assume en tant que
tel il est comblé. S’il refuse son état, en raison de son éducation, de ses principes, de sa
religion, il peut vraiment en souffrir : dans ce cas il se met en couple avec une fille et
résiste tant bien que mal à la tentation, il finit en général par haïr sa compagne pour
l’avoir empêché de profiter de la vie. Il se peut également qu’il se mette à suivre ses
pulsions mais sans les assumer, et là il se dégoute, il s’auto-flagelle, il s’en veut de ne
pas être comme les hommes dont la société aime à penser qu’il s’agit des « normaux »,
ceux de l’autre catégorie qu’il met sur un piédestal, c’est le genre d’individus qui laisse
de gros tips car ils culpabilise d’aller au putes, mais pas au point de finir sponsor car vu
toutes les filles qu’il baise il y laisserait sa paie entière. Il se peut aussi que pour se
donner bonne conscience, il se mette à parler avec les putes, à vouloir les connaître,
tout cela dans le seul but d’apporter un semblant de « propreté », de romance dans cet
exercice de sexe tarifé qu’il a du mal à accepter. Je le sais car j’étais comme cela les
premières années. Je trouvais cela plus cool de faire connaissance avant de les baiser,
de les payer puis de leur foutre un coup de pied au cul le lendemain pour que je puisse
rejoindre mes potes… Aujourd’hui c’est tout juste si j’ai envie de leur dire bonjour avant
de les foutre à quatre pattes pour ne pas voir leur gueule. J’exagère un peu mais je n’en
suis pas loin.
L’homme d’une seule femme est en général plus romantique, moins porté sur le sexe. Il
veut vivre une véritable histoire d’amour, c’est le « mec bien » qui s’attache à une fille,
le type fidèle en amour. S’il a la chance d’être un mâle alpha, d’avoir une situation ou
un physique qui attire, il trouve facilement une compagne de vie avec qui il fonde un
foyer. En revanche s’il n’est pas « socialement intéressant », c’est là que les choses se
compliquent pour lui. Ce genre de personnes ne finit pas chez les putes du jour au
lendemain. Pour lui la prostitution c’est de l’esclavage, c’est horrible, honteux, mais si la
vie le mène un jour à Pattaya, c’est la catastrophe. Amour destructeur avec la première
qu’il rencontre, sponsoring, pleurs, tentative de suicide, drame, un moneytoy pour les
putes les plus crapuleuses, de la viande pour les loups, une jolie blonde larguée dans la
cour d’une prison centrale.
J’ai pu faire cette observation après de longues années passées à fréquenter le genre
humain dans sa plus grande diversité. Avec le temps qui passe, on apprend à se
connaître, chacun fait son chemin jusqu’au jour où l’on prend conscience de sa propre
nature. Il faut vivre de nombreuses choses pour se découvrir, pour savoir ce que l’on est
réellement, ce que l’on aime, ce que l’on n’aime pas, qui on est exactement…
l’expérience est la clé de la connaissance de soi. La puterie, au même titre que la prison,
la mort et la guerre est une opportunité comme il y en a peu, une occasion de vraiment
savoir ce que l’on vaut en tant qu’individu. Tolstoï l’avait bien compris. Dans son journal
intime (qui est son meilleur ouvrage d’après moi) il soulignait sans arrêt le fait qu’il ne
voulait pas être quelqu’un d’ordinaire, il voulait se distinguer parmi ses semblables. Il
avait besoin de réussir avec brio là où les autres échouaient lamentablement, il voulait
venir à bout d’une « mission that niggaz say is impossible » comme le disait GZA du Wu
tang (je sais, mes références sont un peu bordéliques…. C’est la dualité qui me
caractérise, la cité vs l’université…). C’est pour cela qu’il s’était engagé dans l’armée afin
d’avoir l’opportunité de devenir un héros. Il confiera plus tard, que l’expérience de la
guerre lui avait appris ce qu’il redoutait le plus, à savoir qu’il n’était en réalité qu’un
homme ordinaire et qu’il avait échoué comme les autres lorsque la providence lui avait
offert l’occasion de se distinguer.
Le Score Birds hotel est un excellent hôtel. Les chambres sont agréables, la clim souffle
à merveille, un véritable blizzard, j’ai l’impression d’être dans le Minnesota. La piscine
est grande, bien entretenue, c’est parfait, je n’ai rien de négatif à dire sur cet
établissement. Je pique une petite tête avant de remonter dans ma chambre pour faire
une sieste car je ne tiens plus debout.
Lorsque je me réveille, la nuit commence à tomber sur la ville. Je prends une douche,
pars faire un peu de change à la réception car tout est déjà fermé, puis rejoins la clique
pour aller faire une chicha sur la Fields avenue.
Nous nous posons au « Gossip ». Elle appartient à un français. Lui et son associé en
avaient déjà ouvert une qui portait le même nom à Patong. Elle n’est pas mal, la déco
est sympa, les chichas bien préparées, les prix sont corrects.
Dès le départ nous le sentons tous, quelque chose a changé. Ca n’est plus du tout la
même ambiance qu’autrefois. J’ai l’impression de retrouver le genre d’atmosphère qui
régnait à Pattaya il y a quelques années de cela. C’est beaucoup plus relaxant, moins
oppressant, moins glauque. Toute une scène freelance s’est développée, probablement
grâce à l’apparition de boîtes à succès comme le High Society. Je sens que l’on va bien
s’amuser.
Nous allons casser la croûte dans un restaurant coréen dégueulasse, je ne vois pas
d’autre terme. Moi qui apprécie cette gastronomie, pour le coup je suis écœuré.
Nous retrouvons deux anciens du forum yaya.fr (appelons les Black & Decker) qui sont
venus passer quelques jours ici. Ils sont là depuis une semaine et se rendent à HMC
après-demain pour la première fois. Nous leur donnerons quelques adresses
maintenant que nous connaissons un peu la ville.
Black et Decker ont une bouteille consignée dans un gogo de la Fields. Ils nous
proposent d’aller la terminer avec eux.
L’endroit est agréable même si les filles sont plutôt laides. Le patron vient s’assoir avec
nous. Il s’agit d’un jeune afghan aux cheveux longs, à l’allure de macro moderne.
Pas de bouteille de whisky en vue, la mamasan nous dit l’avoir terminée… c’est les
Phils…. B&D s’en foutent tout autant que nous.
Nous quittons les lieux vers 1h30 du matin pour nous rendre au High Society, l’insomnia
local. La boîte est pleine de putes, Axl qui ne l’avait jamais vue, tombe tout de suite
sous le charme. Steve et moi sommes contents de voir qu’à présent l’endroit est plein.
Nous prenons une bouteille de whisky tous les cinq. Je commande également des frites,
des chicken wings et une chicha… ils ont tout compris dans cette boîte.
Nous sommes assis sur une banquette confortable, en demi-cercle, ce qui nous permet
de voir tout ce qui se passe. Les filles ne tardent pas à nous tourner autour. Steve est le
premier à en attraper une, elle est bien mignonne. A partir de là, tout devient confus,
trop de monde, trop d’alcool, je me retrouve seul avec Black, les autres sont déjà
rentrés avec leurs nouvelles copines. Black s’en va à son tour, je deviens le gnou isolé
du troupeau, je deviens la proie. Une jeune demoiselle de dix-neuf ans me met le
grappin dessus (elles sont très jeunes ici…), nous ne tardons pas à prendre le chemin de
l’hôtel. Elle veut s’arrêter manger, je refuse.
Je prends ma douche, elle prend la sienne, nous suivons la procédure. J’ai du mal à
bander, je suis fatigué, alcoolisé, j’ai la flemme. Elle me suce un long moment, parvient
finalement à me donner une demi-molle, Je la place aussitôt en position du violeur. Je
lime au ralenti comme une tortue géante des îles Galápagos. Je jouis une bonne demi-
heure plus tard sans vraiment apprécier. Quant à son nom je n’en ai aucune idée. Je
m’endors satisfait de ma soirée, content d’être ici.
Mon téléphone, que j’ai volontairement posé à l’autre bout de la pièce, se met à hurler
à 4h45 du matin. J’ai du mal à sortir de mon lit, l’air climatisé de la chambre me plonge
dans un sommeil dont il est difficile d’émerger. Je me lève malgré tout lorsque l’envie
de ne plus entendre le bip infernal de l’alarme, surpasse celle de rester allonger.
Après une douche prise à la va-vite, j’empoigne ma valise pour me rendre à la réception
afin d’effectuer le check-out.
Notre taxi fonce à travers les rues sombres de la ville encore bien endormie. À cette
allure nous arrivons vite à l’aéroport.
Une fois l’enregistrement des bagages effectué, les formalités de douane réglées, nous
allons prendre un petit déjeuner au food court. Je commande une soupe bien chaude
que j’assaisonne de poudre de piment pour me donner un petit coup de boost.
Notre avion a une heure de retard, j’en profite pour fermer un peu les yeux. J’arrive
également à prolonger ma nuit dans l’avion, ce qui est très rare. J’étais vraiment
fatigué. Cela ne m’a néanmoins pas empêché de faire tout un tas de cauchemars durant
les trois heures de vols.
Nous posons les pieds à Manille aux alentours de midi. Nous récupérons les bagages,
passons rapidement la douane, puis avalons notre premier fast food depuis bien
longtemps. De toute façon Les Philippines riment avec fast food pour moi, car dans les
lieux touristiques, la gastronomie locale n’est vraiment pas terrible. J’imagine qu’il doit
y avoir de bons plats dans leur cuisine mais je doute d’avoir la chance de les goûter à
Angeles city…
Une fois que nous avons effectué un peu de change, nous prenons un taxi à trois mille
cinq cent pesos (67 euros), la négociation est très difficile avec la femme de la
compagnie. Il aurait fallu que nous réservions une navette avant d’arriver ici… tant pis.
Le chauffeur est cool, il me parle des élections présidentielles, me dit qu’il supporte
Duterte car il ne fait plus confiance à l’oligarchie qui gouverne le pays depuis des
décennies, tout le peuple philippin souhaite de réels changements. Il me parle
également de son addiction aux jeux d’argent qui a failli lui couter son mariage à
plusieurs reprises. Nous parlons des femmes, de la prostitution, de la religion… Les deux
heures de route passent très vite. Pendant ce temps-là Axl et Steve roupillent comme
des paresseux à l’arrière du véhicule.
Angeles city, à l’Est il n’y a plus rien. Le bout du monde, le début de l’enfer - Etre
convaincu de toucher le fond mais sentir le sol se dérober sous ses pieds pour tomber
encore plus bas, puis finalement atterrir en plein milieu de la Fields… - Quelque chose
de malsain planait autrefois dans l’air vicié de cette ville, une ineffable gêne qui
transcendait le désir charnel, qui vous mettait mal à l’aise. Ici La prostitution était très
structurée, froide, presque industrielle. Le côté « exploitation de la femme » était bien
palpable. Les plus grands gogo comme l’Atlantis ou encore le Dollhouse employaient
des centaines de filles qui se succédaient par groupes de vingt sur scène, du travail à la
chaîne. Obligées d’exécuter des chorégraphies durant des heures en espérant qu’un
vieux punter défoncé au Cialis les choisisse pour les baiser de toutes les façons
possibles, les filles n’arboraient pas vraiment le sourire si ma mémoire est bonne. À cela
s’ajoutait un cocktail de mendicité rampante et d’agressivité dans le regard des locaux
qui avait quelque chose de violent; étrange sensation d’être un ennemi avec lequel ils
composaient malgré eux. Cette ville ne m’avait vraiment pas laissé un bon souvenir.
Steve, quant à lui, avait adoré. Il faut dire que depuis que je le connais, il a toujours eu
eu cette fascination pour les endroits un peu glauques, il apprécie tout particulièrement
la prostitution qui sent l’esclavage, les filles au bord du gouffre, il allait souvent les
chercher sur la beach à Pattaya, ça devait probablement lui donner l’impression de les
sauver de la misère. Il s’enfermait avec elles pendant des heures dans sa chambre
d’hôtel pour parler, écouter de la musique, faire l’amour…
Contrairement à Farid, Axl et moi, Steve n’assume pas son statue de punter. Il se voit
plus comme un baiseur occasionnel alors qu’en réalité il consomme autant, voir plus de
tapins que nous. Son comportement avec les filles s’explique en partie à cause de cela.
Je pense que comme le disait « blondin », le monde se divise en deux catégories : ceux
qui sont fait pour une seule femme et ceux qui sont des nomades de la chatte.
Le nomade est celui qui ne veut pas se poser, ou qui se pose mais qui continue à baiser
à droite et à gauche sans scrupule sous peine d’être frustré. S’il s’assume en tant que
tel il est comblé. S’il refuse son état, en raison de son éducation, de ses principes, de sa
religion, il peut vraiment en souffrir : dans ce cas il se met en couple avec une fille et
résiste tant bien que mal à la tentation, il finit en général par haïr sa compagne pour
l’avoir empêché de profiter de la vie. Il se peut également qu’il se mette à suivre ses
pulsions mais sans les assumer, et là il se dégoute, il s’auto-flagelle, il s’en veut de ne
pas être comme les hommes dont la société aime à penser qu’il s’agit des « normaux »,
ceux de l’autre catégorie qu’il met sur un piédestal, c’est le genre d’individus qui laisse
de gros tips car ils culpabilise d’aller au putes, mais pas au point de finir sponsor car vu
toutes les filles qu’il baise il y laisserait sa paie entière. Il se peut aussi que pour se
donner bonne conscience, il se mette à parler avec les putes, à vouloir les connaître,
tout cela dans le seul but d’apporter un semblant de « propreté », de romance dans cet
exercice de sexe tarifé qu’il a du mal à accepter. Je le sais car j’étais comme cela les
premières années. Je trouvais cela plus cool de faire connaissance avant de les baiser,
de les payer puis de leur foutre un coup de pied au cul le lendemain pour que je puisse
rejoindre mes potes… Aujourd’hui c’est tout juste si j’ai envie de leur dire bonjour avant
de les foutre à quatre pattes pour ne pas voir leur gueule. J’exagère un peu mais je n’en
suis pas loin.
L’homme d’une seule femme est en général plus romantique, moins porté sur le sexe. Il
veut vivre une véritable histoire d’amour, c’est le « mec bien » qui s’attache à une fille,
le type fidèle en amour. S’il a la chance d’être un mâle alpha, d’avoir une situation ou
un physique qui attire, il trouve facilement une compagne de vie avec qui il fonde un
foyer. En revanche s’il n’est pas « socialement intéressant », c’est là que les choses se
compliquent pour lui. Ce genre de personnes ne finit pas chez les putes du jour au
lendemain. Pour lui la prostitution c’est de l’esclavage, c’est horrible, honteux, mais si la
vie le mène un jour à Pattaya, c’est la catastrophe. Amour destructeur avec la première
qu’il rencontre, sponsoring, pleurs, tentative de suicide, drame, un moneytoy pour les
putes les plus crapuleuses, de la viande pour les loups, une jolie blonde larguée dans la
cour d’une prison centrale.
J’ai pu faire cette observation après de longues années passées à fréquenter le genre
humain dans sa plus grande diversité. Avec le temps qui passe, on apprend à se
connaître, chacun fait son chemin jusqu’au jour où l’on prend conscience de sa propre
nature. Il faut vivre de nombreuses choses pour se découvrir, pour savoir ce que l’on est
réellement, ce que l’on aime, ce que l’on n’aime pas, qui on est exactement…
l’expérience est la clé de la connaissance de soi. La puterie, au même titre que la prison,
la mort et la guerre est une opportunité comme il y en a peu, une occasion de vraiment
savoir ce que l’on vaut en tant qu’individu. Tolstoï l’avait bien compris. Dans son journal
intime (qui est son meilleur ouvrage d’après moi) il soulignait sans arrêt le fait qu’il ne
voulait pas être quelqu’un d’ordinaire, il voulait se distinguer parmi ses semblables. Il
avait besoin de réussir avec brio là où les autres échouaient lamentablement, il voulait
venir à bout d’une « mission that niggaz say is impossible » comme le disait GZA du Wu
tang (je sais, mes références sont un peu bordéliques…. C’est la dualité qui me
caractérise, la cité vs l’université…). C’est pour cela qu’il s’était engagé dans l’armée afin
d’avoir l’opportunité de devenir un héros. Il confiera plus tard, que l’expérience de la
guerre lui avait appris ce qu’il redoutait le plus, à savoir qu’il n’était en réalité qu’un
homme ordinaire et qu’il avait échoué comme les autres lorsque la providence lui avait
offert l’occasion de se distinguer.
Le Score Birds hotel est un excellent hôtel. Les chambres sont agréables, la clim souffle
à merveille, un véritable blizzard, j’ai l’impression d’être dans le Minnesota. La piscine
est grande, bien entretenue, c’est parfait, je n’ai rien de négatif à dire sur cet
établissement. Je pique une petite tête avant de remonter dans ma chambre pour faire
une sieste car je ne tiens plus debout.
Lorsque je me réveille, la nuit commence à tomber sur la ville. Je prends une douche,
pars faire un peu de change à la réception car tout est déjà fermé, puis rejoins la clique
pour aller faire une chicha sur la Fields avenue.
Nous nous posons au « Gossip ». Elle appartient à un français. Lui et son associé en
avaient déjà ouvert une qui portait le même nom à Patong. Elle n’est pas mal, la déco
est sympa, les chichas bien préparées, les prix sont corrects.
Dès le départ nous le sentons tous, quelque chose a changé. Ca n’est plus du tout la
même ambiance qu’autrefois. J’ai l’impression de retrouver le genre d’atmosphère qui
régnait à Pattaya il y a quelques années de cela. C’est beaucoup plus relaxant, moins
oppressant, moins glauque. Toute une scène freelance s’est développée, probablement
grâce à l’apparition de boîtes à succès comme le High Society. Je sens que l’on va bien
s’amuser.
Nous allons casser la croûte dans un restaurant coréen dégueulasse, je ne vois pas
d’autre terme. Moi qui apprécie cette gastronomie, pour le coup je suis écœuré.
Nous retrouvons deux anciens du forum yaya.fr (appelons les Black & Decker) qui sont
venus passer quelques jours ici. Ils sont là depuis une semaine et se rendent à HMC
après-demain pour la première fois. Nous leur donnerons quelques adresses
maintenant que nous connaissons un peu la ville.
Black et Decker ont une bouteille consignée dans un gogo de la Fields. Ils nous
proposent d’aller la terminer avec eux.
L’endroit est agréable même si les filles sont plutôt laides. Le patron vient s’assoir avec
nous. Il s’agit d’un jeune afghan aux cheveux longs, à l’allure de macro moderne.
Pas de bouteille de whisky en vue, la mamasan nous dit l’avoir terminée… c’est les
Phils…. B&D s’en foutent tout autant que nous.
Nous quittons les lieux vers 1h30 du matin pour nous rendre au High Society, l’insomnia
local. La boîte est pleine de putes, Axl qui ne l’avait jamais vue, tombe tout de suite
sous le charme. Steve et moi sommes contents de voir qu’à présent l’endroit est plein.
Nous prenons une bouteille de whisky tous les cinq. Je commande également des frites,
des chicken wings et une chicha… ils ont tout compris dans cette boîte.
Nous sommes assis sur une banquette confortable, en demi-cercle, ce qui nous permet
de voir tout ce qui se passe. Les filles ne tardent pas à nous tourner autour. Steve est le
premier à en attraper une, elle est bien mignonne. A partir de là, tout devient confus,
trop de monde, trop d’alcool, je me retrouve seul avec Black, les autres sont déjà
rentrés avec leurs nouvelles copines. Black s’en va à son tour, je deviens le gnou isolé
du troupeau, je deviens la proie. Une jeune demoiselle de dix-neuf ans me met le
grappin dessus (elles sont très jeunes ici…), nous ne tardons pas à prendre le chemin de
l’hôtel. Elle veut s’arrêter manger, je refuse.
Je prends ma douche, elle prend la sienne, nous suivons la procédure. J’ai du mal à
bander, je suis fatigué, alcoolisé, j’ai la flemme. Elle me suce un long moment, parvient
finalement à me donner une demi-molle, Je la place aussitôt en position du violeur. Je
lime au ralenti comme une tortue géante des îles Galápagos. Je jouis une bonne demi-
heure plus tard sans vraiment apprécier. Quant à son nom je n’en ai aucune idée. Je
m’endors satisfait de ma soirée, content d’être ici.
Vous allez tous flotter en bas !!!
