27/07/2017, 05:52
Lundi 8 mai 2017 – 11hoo – Vientiane, Laos (J-20)
Terrasse de la piscine du 3e étage de l'hôtel du soleil doré de Vientiane.
Je suis triste qu'il ne me reste plus que 3 semaines de voyage. Je me voyais rester une éternité en Asie mais ainsi va la vie.
Mon programme est de passer prendre mon visa à l'ambassade à 13h30, prendre un taxi jusqu'à la gare la plus proche, monter dans le train de 17h et arriver le lendemain matin à Bangkok.
Sans raison, je me mets à bander sur le transat. Je pense à Pouille et à nos retrouvailles. Peut-être ne voudra-t-elle plus de moi. Peut-être que si.
Il faudra que je prenne tout mon temps, que j'y aille tout doucement. Savourer chaque instant.
12h30
Café Sinouk, dans la rue de l'ambassade de Thaïlande à Vientiane.
Je suis un peu stressé par le fait de savoir si mon visa va être refusé ou non.
J'ai commandé un club sandwich et un coca. Quatre asiatiques, probablement des japonaises, sont assises à ma gauche. Deux ont commandé un sandwich, l'une un plat de pâtes aux fruits de mer et la dernière une salade. Elles n’arrêtent pas de rigoler. A ma droite est assis ce qui semble aussi être un japonais. Il regardait un épisode des Simpson sur un MacBook Air quand je suis arrivé mais travaille à présent sur la construction d'un site internet pour une entreprise de cosmétique de Vientiane. On peut lire sur son écran :
"Facebook
B-ladies cosmetics
Opening event
For the person living in Vientiane only"
Le club sandwich est très bon. Pain de mie, jambon, emmental, pain, salade, tomate, concombre, mayonnaise puis pain à nouveau. Le tout coupé en quatre triangles chacun maintenu par un cure dent.
J'hésite à commander un autre plat mais cela ne serait pas raisonnable. J'ai déjà presque dépensé l'intégralité de mon budget d'aujourd'hui et de demain. On a qu'une seule vie et elle est courte mais pour la première fois depuis le début de mon voyage je fais preuve d'un peu d'économie.
14h45
Gare de Thalaneng, Laos.
J'ai réussi à avoir mon visa a l'ambassade où j'ai rencontré deux françaises très sympa. J'ai pris le taxi jusqu'à la gare, où je suis actuellement.
Mon train part à 17h30, arrive à 17h45 à Nong Khai puis je dois prendre un autre train à 19h10 qui arrive à 6hoo du matin à Bangkok.
"I'm coming home, i'm coming home. Tell the world i'm coming home"
Je suis heureux comme tout.
Les retrouvailles vont être chaudes j'espère. Vu ma malchance, Pouille ne travaillera pas ce jour-là. Ce qui serait tout de même une bonne chose car cela me permettrait d'économiser un peu d'argent. Par contre si elle travaille, ça sera la fête.
Imaginons la scène. J'arrive dans Soi Cowboy. Et là, il faudra profiter de chaque seconde le plus possible. Se rappeler qu'il s'agit du meilleur moment. Se rappeler que la vie est courte et difficile et compliquée. Se rappeler que cet instant est unique et plein d'une puissance incomparable.
J'arrive dans Soi Cowboy donc. Ambiance rouge et explosive. Je m’assieds à la terrasse de l'Afterskool Bar. Je demande à voir Pouille. Grosse retrouvaille. Gros sourire. Je lui offre un verre. Et là, il faut faire durer le plus possible ce moment. Profiter de chaque seconde. Puis y aller. Attendre qu'elle se change. Traverser Soi Cowboy. Prendre le métro aérien s'il y a des embouteillages. Prendre un taxi-mini-van. Arriver dans la chambre. Prendre une douche. La retrouver dans le lit en train de regarder une vidéo sur son téléphone. L'embrasser. La caresser. Profiter de chaque seconde qui passe. Glisser un doigt dans son entrecuisse humide. Tremper doucement le bout de mon gland. L'embrasser. Y aller tranquillement. Puis m'enfoncer de plus en plus en elle. M'immobiliser. Rester une minute en elle sans bouger. Profiter de chaque seconde. Puis accélérer progressivement. L'embrasser partout. Dans le cou. Sur les joues. Sur la bouche. Puis la retourner. Continuer à la caresser. Retremper doucement mon biscuit en elle. En levrette. Admirer ses jolies formes. M'immobiliser. Rester en elle une bonne minute sans bouger. Puis réattaquer progressivement. Y aller de plus en plus fort. Essayer de lui donner le plus de plaisir possible. Observer ses réactions, ses mouvements. Profiter de chaque seconde. Profiter de chaque espace de son corps. Profiter de chaque sensation de moi en elle.
18h00
Gare de Nong Khai, Thaïlande.
L'hymne thaï retentit. Tout le monde se lève et se tient bien droit. Les policiers se mettent au garde à vous, la main droite en visière au bord de la tempe.
La traversée de la frontière en train au-dessus du Mékong n'aura duré que quelques minutes. Me voici à présent à attendre le second train qui arrive dans une heure environ.
La différence entre le pauvre Laos et la riche Thaïlande est saisissante. Au Laos la gare était quasiment vide, là elle est presque pleine. Un seul magasin où se restaurer à Thalaneng. Une dizaine d'échoppes a Nong Khai et tout autant de tuk-tuk à attendre devant l'entrée là où il n'y en avait pas un seul au Laos.
Scène assez surréaliste quand je suis au guichet pour demander sur quel quai partira mon train : un moine derrière moi me tape sur l'épaule et me demande de le laisser passer. Il n'a pas l'air très commode et c'est à peine s'il ne me pousse pas du bras pour prendre ma place et acheter un billet.
Je le laisse passer. Il a une sale tête. Je me rappelle que les moines en Thaïlande ont certains privilèges par rapport au reste de la population. Probablement que celui de les laisser passer dans les files d'attentes en est un. Et le droit d'avoir un air vindicatif et méprisant, un autre.
19h30
Le train de nuit pour Bangkok vient de partir. Il fait un froid atroce dans le wagon air-conditionné.
Je prends un diner de porc émincé avec riz et œuf au wagon restaurant et discute un peu avec un moine qui, pour le coup, est très cordial.
Je retourne au wagon. Un employé est en train d'installer les couchettes, mettre les draps et les oreillers. Rassasié, j'ai hâte de me blottir dans mon lit et de me réveiller à Bangkok demain matin.
21h00
Allongé dans ma couchette, je ne parviens pas à dormir. Je me demande si j'arriverai à trouver le sommeil avant d'être à Bangkok.
Je ne sais pas quoi faire. Je m'ennuie. Je repense à une fille de Soi Cowboy que j'ai rencontré peu de temps avant Pouille au Dundee Bar. Elle était très belle, chaude et sexy.
Je me demande si elle acceptera de coucher avec moi. Si elle dit oui, je crois que je la prendrai pour un short time. Elle est un de mes fantasmes absolus.
J'imagine la scène. Pouille n'est pas à Soi Cowboy pour une raison quelconque. J'en profite pour aller voir mon fantasme. Tout excité par ses bagues aux dents et son sourire ravageur, je lui demande si elle est partante pour venir avec moi et se faire sodomiser. Elle accepte sans hésitation.
On part pour ma résidence. Bien chaude, elle est d'accord pour qu'on prenne une douche ensemble. Ni une ni deux, elle commence à me sucer sous l'eau tandis que je la caresse de toute part. Je lui dis de se mettre face contre le mur et commence à la prendre en levrette. Elle est très humide. C'est un plaisir total de plonger en elle et de me laisser chavirer par les émotions. Elle se retourne et me demande de l'embrasser là où cela fait beaucoup de bien. Je m'exécute instantanément. Prise par ses instincts de dominatrice, elle m'attrape la tête et me la plaque contre son sexe. Elle commence à me donner des petites claques sur les joues et à se toucher les seins. Son plaisir est immense.
Je la prends par la main et l'emmène sur le lit où je lui dis de se mettre à quatre pattes. Tandis que je l'enfourche, elle pousse un petit cri. Je lui enfonce un doigt dans les fesses. Nouveau petit cri. Je sors le lubrifiant et m'en imbibe le membre avant de me remettre au travail, par derrière cette fois-ci. La sensation est fantastique. Je commence à là limer de plus en plus fort, de toute mes forces. Je ne me contrôle plus. Elle pousse un dernier cri. Je comprends qu'elle a jouit. Je continue de plus belle. Je sens que je vais bientôt venir. Je sors rapidement d'elle, la met à genoux sur le lit et commence à me masturber devant son visage. Elle rigole comme jamais. Je n'en peux plus et me vide totalement sur elle, sa bouche grande ouverte, sa langue tendue et son appareil dentaire.
22h00
Toujours impossible de fermer l'œil. Je sors de ma couchette et pars prendre un frappé au chocolat au wagon restaurant.
Je m'interroge sur ma solitude et mon incapacité à rencontrer des gens. Je me dis que cela changera peut-être si je parviens à devenir écrivain, que j'aurais alors une meilleure estime de moi, plus de facilité à m'ouvrir aux autres et moins peur de leur regard.
5h00
La nuit a été courte mais bonne. Un froid glaçant règne dans le wagon.
On arrive doucement dans Bangkok. Je suis aux anges.
Mardi 9 mai 2017 – 10h30 – Bangkok, Thaïlande (J-19)
À présent, il s'agit de savourer chaque instant. Nous y voilà.
Je suis assis dans ma chambre sur mon lit en tailleur tandis qu'un employé de la résidence répare une fuite dans la salle de bain.
Il fait chaud, très chaud.
Je commence à imaginer la scène.
J'arrive à Soi Cowboy vers 17h. Je vais jouer un peu au billard au Corner Bar jusque 19h. Je pars prendre un verre à l'Afterskool ensuite. Je rejoins Pouille qui, j'espère, sera contente de me revoir. Et c'est là qu'il faut profiter de chaque instant encore plus. Les retrouvailles. Les sourires. Les regards. Puis on part pour ma résidence. Une fois dans la chambre on commence à faire l'amour. J'espère qu'elle sera chaude et humide comme jamais. J'espère que l'on restera des heures l'un dans l'autre.
16h00
J'envoie un message a Pouille via Messenger :
- Je suis arrivé à Bangkok ce matin. Veux-tu me voir ?
- Where now
- Soi Cowboy, in 30 minutes
- Ok
- Ok
A présent, j'essaie de me concentrer encore plus sur le moment présent.
Je prends un mini-van jusqu'au métro-aérien. Dans le BTS, je regarde attentivement chaque personne comme s'il y avait quelque chose d'incroyable qui se passait.
J'arrive à Soi Cowboy, devant l’Afterskool Bar et là c'est la déception la plus ultime. Pouille me regarde à peine. Elle ne sourit pas, n'a pas l'air contente de me voir. Je suis dégouté. Elle me dit qu'elle a ses règles et qu'elle part 4 jours dans sa famille. Il faut qu'elle aille travailler. « Bye bye » Me dit-elle !
Je reste scotché. Et sans voix. Comment peut-elle me faire ça? Pas de cette façon. Pas comme ça.
Je dis "ok bye bye" et elle disparait dans son bar au vitre teinté.
Je ne sais plus quoi penser et vais me bourrer la gueule au Corner Bar.
19hoo
Une dizaine de partie de billard, un Johny Walker Red et quelques bières plus tard, je reçois un message sibyllin de Pouille : "do not come to me at the bar. I go to the room where you are tomorrow".
Je réponds "ok" même si je ne sais comment interpréter le message. A quelle heure viendra-t-elle et pourquoi ?
Je commence à être bien bourré et saoulé de cette histoire. Je ne sais plus quoi penser. Je commande un burger et finit ma bière. Lassé, je rentre chez moi. Il est 19h30.
Je suis très énervé, pour ne pas dire plus. Je gâche une soirée à Soi Cowboy sachant que demain tout sera fermé car c'est un jour férié bouddhiste.
Me voilà dans le métro aérien à l'heure de pointe complètement bourré et excédé. Je ris un peu quand même de ma malchance et de mes fantasmes qui tombent à l'eau. D'ailleurs, je me souviens de mon second fantasme à dents baguées. Je sors illico du métro aérien à la première station et retourne à Soi Cowboy. Il n'y a pas moyen que je gâche une soirée là-bas. J'y retourne et m'apprête à moins boire de bière si je ne veux pas finir la soirée dans un sale état avant 22h.
20h00
Me revoilà à Soi Cowboy au Dundee Bar. Je commande un Kalhua. La fille que j'avais repérée la dernière fois n'est pas là. Décidément, je suis maudit. Tout tombe à l'eau. Je me retrouve dans ce bar totalement déprimant à me faire dévisager par une dizaine de filles qui ne plaisent pas. Je suis dans la merde. Je ne sais plus quoi faire. Attendre une heure que la fille que j'avais repérée apparaisse ? Changer de bar ? Rentrer dormir ?
J'en profite pour laisser l'alcool se diluer tranquillement dans mon sang. Je me sens redescendre petit à petit. C'est de bon augure.
J'apprends de la mama-san que la fille que je recherche ne travaille plus ici et qu'elle est partie avec un homme âgé.
Mon dépit ne fait que s'accentuer. Que faire ? Ok je vais faire confiance à Pouille et l'attendre toute la nuit et tout la journée du lendemain. Quelles sont mes alternatives ? Chercher une autre fille ?
Je suis stupide mais je vais laisser à Pouille une dernière chance.
20h30
Me revoilà à nouveau dans la cohue du métro aérien à l'heure de pointe. Je suis tellement dépité.
Me retrouver entassé comme une sardine après tant de fantasmes. Cela en devient risible.
A présent, j'aimerai avoir le moindre espoir quant à la venue de Pouille mais je suis trop dégouté pour cela.
Premièrement, je ne crois pas qu'elle viendra. Et deuxièmement, même si elle vient, je ne pense pas que cela se passera bien.
J'essaie de voir le côté positif et me dit que toute cette histoire me fera économiser de l'argent que je pourrais dépenser plus tard.
Je suis tellement dépité.
Je n'arrive pas à me faire sortir Pouille de la tête. J'ai tellement la haine.
00h15
Pouille m'envoie un message pour savoir si elle peut venir. Je lui dis ok. Elle vient. Nous faisons l'amour. Nous dormons ensemble puis elle part vers sept heures du matin. Elle n'a pas l'air triste de partir. Elle ne montre aucune émotion. Je suis déconcerté. Je ne comprends pas. Je lui dis au revoir.
Terrasse de la piscine du 3e étage de l'hôtel du soleil doré de Vientiane.
Je suis triste qu'il ne me reste plus que 3 semaines de voyage. Je me voyais rester une éternité en Asie mais ainsi va la vie.
Mon programme est de passer prendre mon visa à l'ambassade à 13h30, prendre un taxi jusqu'à la gare la plus proche, monter dans le train de 17h et arriver le lendemain matin à Bangkok.
Sans raison, je me mets à bander sur le transat. Je pense à Pouille et à nos retrouvailles. Peut-être ne voudra-t-elle plus de moi. Peut-être que si.
Il faudra que je prenne tout mon temps, que j'y aille tout doucement. Savourer chaque instant.
12h30
Café Sinouk, dans la rue de l'ambassade de Thaïlande à Vientiane.
Je suis un peu stressé par le fait de savoir si mon visa va être refusé ou non.
J'ai commandé un club sandwich et un coca. Quatre asiatiques, probablement des japonaises, sont assises à ma gauche. Deux ont commandé un sandwich, l'une un plat de pâtes aux fruits de mer et la dernière une salade. Elles n’arrêtent pas de rigoler. A ma droite est assis ce qui semble aussi être un japonais. Il regardait un épisode des Simpson sur un MacBook Air quand je suis arrivé mais travaille à présent sur la construction d'un site internet pour une entreprise de cosmétique de Vientiane. On peut lire sur son écran :
B-ladies cosmetics
Opening event
For the person living in Vientiane only"
Le club sandwich est très bon. Pain de mie, jambon, emmental, pain, salade, tomate, concombre, mayonnaise puis pain à nouveau. Le tout coupé en quatre triangles chacun maintenu par un cure dent.
J'hésite à commander un autre plat mais cela ne serait pas raisonnable. J'ai déjà presque dépensé l'intégralité de mon budget d'aujourd'hui et de demain. On a qu'une seule vie et elle est courte mais pour la première fois depuis le début de mon voyage je fais preuve d'un peu d'économie.
14h45
Gare de Thalaneng, Laos.
J'ai réussi à avoir mon visa a l'ambassade où j'ai rencontré deux françaises très sympa. J'ai pris le taxi jusqu'à la gare, où je suis actuellement.
Mon train part à 17h30, arrive à 17h45 à Nong Khai puis je dois prendre un autre train à 19h10 qui arrive à 6hoo du matin à Bangkok.
"I'm coming home, i'm coming home. Tell the world i'm coming home"
Je suis heureux comme tout.
Les retrouvailles vont être chaudes j'espère. Vu ma malchance, Pouille ne travaillera pas ce jour-là. Ce qui serait tout de même une bonne chose car cela me permettrait d'économiser un peu d'argent. Par contre si elle travaille, ça sera la fête.
Imaginons la scène. J'arrive dans Soi Cowboy. Et là, il faudra profiter de chaque seconde le plus possible. Se rappeler qu'il s'agit du meilleur moment. Se rappeler que la vie est courte et difficile et compliquée. Se rappeler que cet instant est unique et plein d'une puissance incomparable.
J'arrive dans Soi Cowboy donc. Ambiance rouge et explosive. Je m’assieds à la terrasse de l'Afterskool Bar. Je demande à voir Pouille. Grosse retrouvaille. Gros sourire. Je lui offre un verre. Et là, il faut faire durer le plus possible ce moment. Profiter de chaque seconde. Puis y aller. Attendre qu'elle se change. Traverser Soi Cowboy. Prendre le métro aérien s'il y a des embouteillages. Prendre un taxi-mini-van. Arriver dans la chambre. Prendre une douche. La retrouver dans le lit en train de regarder une vidéo sur son téléphone. L'embrasser. La caresser. Profiter de chaque seconde qui passe. Glisser un doigt dans son entrecuisse humide. Tremper doucement le bout de mon gland. L'embrasser. Y aller tranquillement. Puis m'enfoncer de plus en plus en elle. M'immobiliser. Rester une minute en elle sans bouger. Profiter de chaque seconde. Puis accélérer progressivement. L'embrasser partout. Dans le cou. Sur les joues. Sur la bouche. Puis la retourner. Continuer à la caresser. Retremper doucement mon biscuit en elle. En levrette. Admirer ses jolies formes. M'immobiliser. Rester en elle une bonne minute sans bouger. Puis réattaquer progressivement. Y aller de plus en plus fort. Essayer de lui donner le plus de plaisir possible. Observer ses réactions, ses mouvements. Profiter de chaque seconde. Profiter de chaque espace de son corps. Profiter de chaque sensation de moi en elle.
18h00
Gare de Nong Khai, Thaïlande.
L'hymne thaï retentit. Tout le monde se lève et se tient bien droit. Les policiers se mettent au garde à vous, la main droite en visière au bord de la tempe.
La traversée de la frontière en train au-dessus du Mékong n'aura duré que quelques minutes. Me voici à présent à attendre le second train qui arrive dans une heure environ.
La différence entre le pauvre Laos et la riche Thaïlande est saisissante. Au Laos la gare était quasiment vide, là elle est presque pleine. Un seul magasin où se restaurer à Thalaneng. Une dizaine d'échoppes a Nong Khai et tout autant de tuk-tuk à attendre devant l'entrée là où il n'y en avait pas un seul au Laos.
Scène assez surréaliste quand je suis au guichet pour demander sur quel quai partira mon train : un moine derrière moi me tape sur l'épaule et me demande de le laisser passer. Il n'a pas l'air très commode et c'est à peine s'il ne me pousse pas du bras pour prendre ma place et acheter un billet.
Je le laisse passer. Il a une sale tête. Je me rappelle que les moines en Thaïlande ont certains privilèges par rapport au reste de la population. Probablement que celui de les laisser passer dans les files d'attentes en est un. Et le droit d'avoir un air vindicatif et méprisant, un autre.
19h30
Le train de nuit pour Bangkok vient de partir. Il fait un froid atroce dans le wagon air-conditionné.
Je prends un diner de porc émincé avec riz et œuf au wagon restaurant et discute un peu avec un moine qui, pour le coup, est très cordial.
Je retourne au wagon. Un employé est en train d'installer les couchettes, mettre les draps et les oreillers. Rassasié, j'ai hâte de me blottir dans mon lit et de me réveiller à Bangkok demain matin.
21h00
Allongé dans ma couchette, je ne parviens pas à dormir. Je me demande si j'arriverai à trouver le sommeil avant d'être à Bangkok.
Je ne sais pas quoi faire. Je m'ennuie. Je repense à une fille de Soi Cowboy que j'ai rencontré peu de temps avant Pouille au Dundee Bar. Elle était très belle, chaude et sexy.
Je me demande si elle acceptera de coucher avec moi. Si elle dit oui, je crois que je la prendrai pour un short time. Elle est un de mes fantasmes absolus.
J'imagine la scène. Pouille n'est pas à Soi Cowboy pour une raison quelconque. J'en profite pour aller voir mon fantasme. Tout excité par ses bagues aux dents et son sourire ravageur, je lui demande si elle est partante pour venir avec moi et se faire sodomiser. Elle accepte sans hésitation.
On part pour ma résidence. Bien chaude, elle est d'accord pour qu'on prenne une douche ensemble. Ni une ni deux, elle commence à me sucer sous l'eau tandis que je la caresse de toute part. Je lui dis de se mettre face contre le mur et commence à la prendre en levrette. Elle est très humide. C'est un plaisir total de plonger en elle et de me laisser chavirer par les émotions. Elle se retourne et me demande de l'embrasser là où cela fait beaucoup de bien. Je m'exécute instantanément. Prise par ses instincts de dominatrice, elle m'attrape la tête et me la plaque contre son sexe. Elle commence à me donner des petites claques sur les joues et à se toucher les seins. Son plaisir est immense.
Je la prends par la main et l'emmène sur le lit où je lui dis de se mettre à quatre pattes. Tandis que je l'enfourche, elle pousse un petit cri. Je lui enfonce un doigt dans les fesses. Nouveau petit cri. Je sors le lubrifiant et m'en imbibe le membre avant de me remettre au travail, par derrière cette fois-ci. La sensation est fantastique. Je commence à là limer de plus en plus fort, de toute mes forces. Je ne me contrôle plus. Elle pousse un dernier cri. Je comprends qu'elle a jouit. Je continue de plus belle. Je sens que je vais bientôt venir. Je sors rapidement d'elle, la met à genoux sur le lit et commence à me masturber devant son visage. Elle rigole comme jamais. Je n'en peux plus et me vide totalement sur elle, sa bouche grande ouverte, sa langue tendue et son appareil dentaire.
22h00
Toujours impossible de fermer l'œil. Je sors de ma couchette et pars prendre un frappé au chocolat au wagon restaurant.
Je m'interroge sur ma solitude et mon incapacité à rencontrer des gens. Je me dis que cela changera peut-être si je parviens à devenir écrivain, que j'aurais alors une meilleure estime de moi, plus de facilité à m'ouvrir aux autres et moins peur de leur regard.
5h00
La nuit a été courte mais bonne. Un froid glaçant règne dans le wagon.
On arrive doucement dans Bangkok. Je suis aux anges.
Mardi 9 mai 2017 – 10h30 – Bangkok, Thaïlande (J-19)
À présent, il s'agit de savourer chaque instant. Nous y voilà.
Je suis assis dans ma chambre sur mon lit en tailleur tandis qu'un employé de la résidence répare une fuite dans la salle de bain.
Il fait chaud, très chaud.
Je commence à imaginer la scène.
J'arrive à Soi Cowboy vers 17h. Je vais jouer un peu au billard au Corner Bar jusque 19h. Je pars prendre un verre à l'Afterskool ensuite. Je rejoins Pouille qui, j'espère, sera contente de me revoir. Et c'est là qu'il faut profiter de chaque instant encore plus. Les retrouvailles. Les sourires. Les regards. Puis on part pour ma résidence. Une fois dans la chambre on commence à faire l'amour. J'espère qu'elle sera chaude et humide comme jamais. J'espère que l'on restera des heures l'un dans l'autre.
16h00
J'envoie un message a Pouille via Messenger :
- Je suis arrivé à Bangkok ce matin. Veux-tu me voir ?
- Where now
- Soi Cowboy, in 30 minutes
- Ok
- Ok
A présent, j'essaie de me concentrer encore plus sur le moment présent.
Je prends un mini-van jusqu'au métro-aérien. Dans le BTS, je regarde attentivement chaque personne comme s'il y avait quelque chose d'incroyable qui se passait.
J'arrive à Soi Cowboy, devant l’Afterskool Bar et là c'est la déception la plus ultime. Pouille me regarde à peine. Elle ne sourit pas, n'a pas l'air contente de me voir. Je suis dégouté. Elle me dit qu'elle a ses règles et qu'elle part 4 jours dans sa famille. Il faut qu'elle aille travailler. « Bye bye » Me dit-elle !
Je reste scotché. Et sans voix. Comment peut-elle me faire ça? Pas de cette façon. Pas comme ça.
Je dis "ok bye bye" et elle disparait dans son bar au vitre teinté.
Je ne sais plus quoi penser et vais me bourrer la gueule au Corner Bar.
19hoo
Une dizaine de partie de billard, un Johny Walker Red et quelques bières plus tard, je reçois un message sibyllin de Pouille : "do not come to me at the bar. I go to the room where you are tomorrow".
Je réponds "ok" même si je ne sais comment interpréter le message. A quelle heure viendra-t-elle et pourquoi ?
Je commence à être bien bourré et saoulé de cette histoire. Je ne sais plus quoi penser. Je commande un burger et finit ma bière. Lassé, je rentre chez moi. Il est 19h30.
Je suis très énervé, pour ne pas dire plus. Je gâche une soirée à Soi Cowboy sachant que demain tout sera fermé car c'est un jour férié bouddhiste.
Me voilà dans le métro aérien à l'heure de pointe complètement bourré et excédé. Je ris un peu quand même de ma malchance et de mes fantasmes qui tombent à l'eau. D'ailleurs, je me souviens de mon second fantasme à dents baguées. Je sors illico du métro aérien à la première station et retourne à Soi Cowboy. Il n'y a pas moyen que je gâche une soirée là-bas. J'y retourne et m'apprête à moins boire de bière si je ne veux pas finir la soirée dans un sale état avant 22h.
20h00
Me revoilà à Soi Cowboy au Dundee Bar. Je commande un Kalhua. La fille que j'avais repérée la dernière fois n'est pas là. Décidément, je suis maudit. Tout tombe à l'eau. Je me retrouve dans ce bar totalement déprimant à me faire dévisager par une dizaine de filles qui ne plaisent pas. Je suis dans la merde. Je ne sais plus quoi faire. Attendre une heure que la fille que j'avais repérée apparaisse ? Changer de bar ? Rentrer dormir ?
J'en profite pour laisser l'alcool se diluer tranquillement dans mon sang. Je me sens redescendre petit à petit. C'est de bon augure.
J'apprends de la mama-san que la fille que je recherche ne travaille plus ici et qu'elle est partie avec un homme âgé.
Mon dépit ne fait que s'accentuer. Que faire ? Ok je vais faire confiance à Pouille et l'attendre toute la nuit et tout la journée du lendemain. Quelles sont mes alternatives ? Chercher une autre fille ?
Je suis stupide mais je vais laisser à Pouille une dernière chance.
20h30
Me revoilà à nouveau dans la cohue du métro aérien à l'heure de pointe. Je suis tellement dépité.
Me retrouver entassé comme une sardine après tant de fantasmes. Cela en devient risible.
A présent, j'aimerai avoir le moindre espoir quant à la venue de Pouille mais je suis trop dégouté pour cela.
Premièrement, je ne crois pas qu'elle viendra. Et deuxièmement, même si elle vient, je ne pense pas que cela se passera bien.
J'essaie de voir le côté positif et me dit que toute cette histoire me fera économiser de l'argent que je pourrais dépenser plus tard.
Je suis tellement dépité.
Je n'arrive pas à me faire sortir Pouille de la tête. J'ai tellement la haine.
00h15
Pouille m'envoie un message pour savoir si elle peut venir. Je lui dis ok. Elle vient. Nous faisons l'amour. Nous dormons ensemble puis elle part vers sept heures du matin. Elle n'a pas l'air triste de partir. Elle ne montre aucune émotion. Je suis déconcerté. Je ne comprends pas. Je lui dis au revoir.
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