18/02/2015, 17:28
Nous sommes toujours à Nakhon Sawan et le séjour se poursuit.
Le pere de แอ๋ est a l'hopital. sa mere aussi, je ne l'ai pas vue depuis le début du séjour, car elle est a son chevet.
nous sommes allé le visiter a lopburi avec tout le reste de la famille.
son pere amaigri, afaibli, était sur ce lit au milieu des autres cancéreux qui crachaient leurs poumons et vomissaient pour certains.
odeur d'hopital, mais beaucoup moins aseptisé que ce a quoi je m'atendais.
แอ๋ et son frere ont les yeux un peu rouges mais il n'est pas question de pleurer devant leur pere: il est toujours en vie, il plaisante meme d'ailleurs.
Les enfants ne se rendaient pas bien compte et parlaient a voix basse, la niece aom du haut de ses huit ans est toujours tres vive et sans patience.
Nid est assise pres de son grand pere et ne dit rien.
Je reste un peu en retrait. Je ne sais pas quoi dire, et quoi que je dise, je pourrais pas le dire en thai. Je fais un sourire de circonstance, pour lui et la mere de แอ๋.
Peu avant de repartir, son frere lui tend un billet 100 bahts, ou peut etre 500, je ne sais plus. แอ๋ me dit que ce serait bien si moi aussi je donnais quelques chose a son pere.
elle: il ne pourra pas le dépenser, mais ca lui fera vraiment plaisir.
moi: combien tu crois que je dois donner?
elle: comme tu veux tilak...
(je vais donner plus que 500, forcément... allons y pour 1000)
je donne le billet de 1000 a แอ๋.
elle: tilak, donne lui toi meme, ca lui fera plaisir!
moi: non.... je suis gené...
elle: si, tu dois lui donner toi meme.
me voila a attendre patiement le moment précis ou je dois donner ce billet, pas trop tot car je veux pas donner devant tout le monde. j'attend que la troupe se décide un peu a partir.
je fais mes amitiés a sa mere aussi. sawasdee krap. en joignant les mains, comme il faut.
Le pere me répond kop kun krap, comme il se doit. Je ne sais pas quoi répondre, j'ai du balbutier un khob kun krap en retour avec les mains jointes.
แอ๋ et nid sont etre de bonnes mains monsieur, croyez moi. Cette fois, je vais pas repartir sans donner de nouvelles, pas comme l'autre polonais danois. Je suis un type bien et sérieux. je suis Francais.
puis des infirmieres arrivent en nous souriants, elles parlent un peu avec la familles. elle mettent un rideau en place autour du lit, surement pour la toilette ou autre intimité.
Nous retournons à la voiture. il n'y a pas vraiment de sentiment d'abattement. en fait le pere est malade depuis de longs mois. J'ai vu แอ๋ pleurer toutes les larmes de son corps en webcam lorsque la maladie a été annoncée et que les premieres difficultés se sont révelées. maintenant, c'est une question de jours, nous le savons. cette maladie fait peser un climat lourd ou personne ne peux véritablement se réjouir de quoi que ce soit en général dans la famille.
nous rentrons a 130 km/h sur l'autoroute de lopburi a nakhon sawan. on est a l'arriere du pick up, แอ๋ moi, nid et aom, la petite niece. on a pris quelques picnick. il fait nuit pendant le trajet. il fait un peu frais, avec du vent sur mon crane rasé
On s'est allongé, แอ๋ pose sa tete sur ma cuisse (je peux pas m'empecher de bander), nid a posé un cousin sur ma jambe et elle dors aussi sur moi.
J'ai pris l'initiative d'attraper la main de nid. elle me serre la main. elle fait semblant de dormir maintenant. J'ai presque eu l'impression que ce soir là c'était gagné avec elle.
on croisait parfois d'autres pickup avec des gens a l'arriere, qui nous faisait des coucous, hop comme ca en passant.
Il y avait un sentiment de liberté dans ce pickup ce soir là, je crois que c'est la plus belle soirée que j'ai passé de toute ma vie.
le soir, แอ๋ me parle de sa peur de la maladie. elle a peur qu'elle aussi ait un cancer tout a coup.
-pas a ton age tilak, tu n'as que 30 ans...
elle: mon pere fumait beaucoup avant. je crois que c'est a cause de ca. et il buvait aussi. mais moi je l'aime , je veux pas qu'il meure!
moi: je sais que tu l'aime....
elle: tu sais quand on était enfant, parfois il buvait et nous battait, mais je lui en veux pas, c'est a cause de l'alcool. quand il était sobre, il était gentil avec nous.
Il a battu ma mere aussi. mais tu vois, tilak, elle est toujours avec lui maintenant. Il y a meme un soir, il y a longtemps, il a dit qu'il voulait partir et nous laisser. il a demandé: "qui veut me suivre ?"
personne n'a voulu le suivre! meme pas mon frere. alors moi je lui ai dis que ok, je vais le suivre , je viens avec toi.
et là, on est parti tous les 2. il a conduit longtemps, mais il n'avait nulle part ou aller en fait je crois. puis on est arrivé chez un ami, et cet ami nous a hébergé. mais il n'avait rien a manger!
moi j'avais faim tilak, rien mangé depuis la journée! tres faim! on a dormi sans manger. et le lendemain j'ai pleuré et j'ai dis que je voulais rentrer a la maison.
alors il m'a ramené, et il est resté a la maison finallement
moi: ....
si j'ai bien compris, tu es prete a me suivre du moment que je te donne a manger ?
elle rit
-tiiilak. Je te suivrais partout! je veux venir avec toi. dans ton pays.
moi: -quel pays?
elle: -heu.... farantsé ? comment il faut dire ?
Le pere de แอ๋ est a l'hopital. sa mere aussi, je ne l'ai pas vue depuis le début du séjour, car elle est a son chevet.
nous sommes allé le visiter a lopburi avec tout le reste de la famille.
son pere amaigri, afaibli, était sur ce lit au milieu des autres cancéreux qui crachaient leurs poumons et vomissaient pour certains.
odeur d'hopital, mais beaucoup moins aseptisé que ce a quoi je m'atendais.
แอ๋ et son frere ont les yeux un peu rouges mais il n'est pas question de pleurer devant leur pere: il est toujours en vie, il plaisante meme d'ailleurs.
Les enfants ne se rendaient pas bien compte et parlaient a voix basse, la niece aom du haut de ses huit ans est toujours tres vive et sans patience.
Nid est assise pres de son grand pere et ne dit rien.
Je reste un peu en retrait. Je ne sais pas quoi dire, et quoi que je dise, je pourrais pas le dire en thai. Je fais un sourire de circonstance, pour lui et la mere de แอ๋.
Peu avant de repartir, son frere lui tend un billet 100 bahts, ou peut etre 500, je ne sais plus. แอ๋ me dit que ce serait bien si moi aussi je donnais quelques chose a son pere.
elle: il ne pourra pas le dépenser, mais ca lui fera vraiment plaisir.
moi: combien tu crois que je dois donner?
elle: comme tu veux tilak...
(je vais donner plus que 500, forcément... allons y pour 1000)
je donne le billet de 1000 a แอ๋.
elle: tilak, donne lui toi meme, ca lui fera plaisir!
moi: non.... je suis gené...
elle: si, tu dois lui donner toi meme.
me voila a attendre patiement le moment précis ou je dois donner ce billet, pas trop tot car je veux pas donner devant tout le monde. j'attend que la troupe se décide un peu a partir.
je fais mes amitiés a sa mere aussi. sawasdee krap. en joignant les mains, comme il faut.
Le pere me répond kop kun krap, comme il se doit. Je ne sais pas quoi répondre, j'ai du balbutier un khob kun krap en retour avec les mains jointes.
แอ๋ et nid sont etre de bonnes mains monsieur, croyez moi. Cette fois, je vais pas repartir sans donner de nouvelles, pas comme l'autre polonais danois. Je suis un type bien et sérieux. je suis Francais.
puis des infirmieres arrivent en nous souriants, elles parlent un peu avec la familles. elle mettent un rideau en place autour du lit, surement pour la toilette ou autre intimité.
Nous retournons à la voiture. il n'y a pas vraiment de sentiment d'abattement. en fait le pere est malade depuis de longs mois. J'ai vu แอ๋ pleurer toutes les larmes de son corps en webcam lorsque la maladie a été annoncée et que les premieres difficultés se sont révelées. maintenant, c'est une question de jours, nous le savons. cette maladie fait peser un climat lourd ou personne ne peux véritablement se réjouir de quoi que ce soit en général dans la famille.
nous rentrons a 130 km/h sur l'autoroute de lopburi a nakhon sawan. on est a l'arriere du pick up, แอ๋ moi, nid et aom, la petite niece. on a pris quelques picnick. il fait nuit pendant le trajet. il fait un peu frais, avec du vent sur mon crane rasé
On s'est allongé, แอ๋ pose sa tete sur ma cuisse (je peux pas m'empecher de bander), nid a posé un cousin sur ma jambe et elle dors aussi sur moi.
J'ai pris l'initiative d'attraper la main de nid. elle me serre la main. elle fait semblant de dormir maintenant. J'ai presque eu l'impression que ce soir là c'était gagné avec elle.
on croisait parfois d'autres pickup avec des gens a l'arriere, qui nous faisait des coucous, hop comme ca en passant.
Il y avait un sentiment de liberté dans ce pickup ce soir là, je crois que c'est la plus belle soirée que j'ai passé de toute ma vie.
le soir, แอ๋ me parle de sa peur de la maladie. elle a peur qu'elle aussi ait un cancer tout a coup.
-pas a ton age tilak, tu n'as que 30 ans...
elle: mon pere fumait beaucoup avant. je crois que c'est a cause de ca. et il buvait aussi. mais moi je l'aime , je veux pas qu'il meure!
moi: je sais que tu l'aime....
elle: tu sais quand on était enfant, parfois il buvait et nous battait, mais je lui en veux pas, c'est a cause de l'alcool. quand il était sobre, il était gentil avec nous.
Il a battu ma mere aussi. mais tu vois, tilak, elle est toujours avec lui maintenant. Il y a meme un soir, il y a longtemps, il a dit qu'il voulait partir et nous laisser. il a demandé: "qui veut me suivre ?"
personne n'a voulu le suivre! meme pas mon frere. alors moi je lui ai dis que ok, je vais le suivre , je viens avec toi.
et là, on est parti tous les 2. il a conduit longtemps, mais il n'avait nulle part ou aller en fait je crois. puis on est arrivé chez un ami, et cet ami nous a hébergé. mais il n'avait rien a manger!
moi j'avais faim tilak, rien mangé depuis la journée! tres faim! on a dormi sans manger. et le lendemain j'ai pleuré et j'ai dis que je voulais rentrer a la maison.
alors il m'a ramené, et il est resté a la maison finallement
moi: ....
si j'ai bien compris, tu es prete a me suivre du moment que je te donne a manger ?
elle rit
-tiiilak. Je te suivrais partout! je veux venir avec toi. dans ton pays.
moi: -quel pays?
elle: -heu.... farantsé ? comment il faut dire ?
