1*
Bangkok Suvarnabhumi, Samedi 16 Avril 2016, quatorze heures, les portes de
l’aéroport s’ouvrent devant moi. Après plus de douze heures de vol, c’est seulement
maintenant que je le réalise, que je le sens, comme une révélation dans un élan de
lucidité forcé par le souffle chaud et humide qui vient me frapper le visage, un accès de
conscience presque électrique: je suis en Thaïlande, je suis de retour !
Après une longue matinée de travail, deux avions, quelques films entrecoupés de
micro-siestes dont je me réveille systématiquement en sursaut lorsque je réalise, pris
de panique, que je suis dans une boîte métallique en aluminium évoluant à plusieurs
kilomètres au-dessus du sol, un Burger King à Dubaï avec mon cousin de Paris et
quelques œillades insistantes sur les croupes généreuses des hôtesses de la compagnie
Emirates, nous débarquons enfin au pays du rictus.
Je me dirige d’un pas léger vers la « Limousine » mise à notre disposition par la
compagnie, mon cousin Farid a cumulé suffisamment de miles pour nous offrir ce petit
privilège.
Je ne sens plus le poids de ma valise qui se traîne presque toute seule. Je suis comme à
chaque fois, anesthésié par ce cocktail d’excitation, de fatigue, d’exultation, mon
cerveau tourne à cent à l’heure, j’avais oublié, ça me revient.
La première fois que j’ai posé les pieds en Thaïlande je ne savais pas trop ce qui
m’attendait, je me taisais, j’observais, les yeux grands ouverts à chaque instant,
émerveillé comme un enfant de deux ans. La deuxième fois en revanche était spéciale,
je revenais avec la tête déjà pleine de souvenirs, d’images et de certitudes,
appréhendant déjà le retour avant même d’arriver. Dans le taxi qui roulait en direction
de Sukhumvit, le nez collé à la vitre, je regardais le paysage défiler devant moi, Le béton
à outrance, les panneaux publicitaires géants le long de l’autoroute, les tuk-tuk trompe-
la-mort, les vieux bâtiments délabrés, toute cette laideur de grisaille étouffée sous un
ciel capricieux de basse saison me paraissait belle, me rendait ivre de liberté, elle était
la promesse de plaisirs prégnants à venir, d’une saturation des sens au point d’en avoir
le tournis.
Aujourd’hui la donne n’est plus la même, le pays a bien changé. Les villes que J’aimais
autrefois d’un amour passionnel et destructeur ne sont plus qu’un pâle souvenir en
comparaison de ce qu’elles étaient autrefois. Blasé, déçu, n’attendant plus grand-chose
de cette destination, c’est dans cet état d’esprit que j’aborde la première partie de
mon voyage.
C’est Farid qui tenait absolument à venir ici. Traversant une période difficile de sa vie, il
avait besoin de repos, de farniente.
Farid, 44 ans, patron d’une PME de quinze personnes, traversant l’existence avec une
triple dose de stress qui lui creuse l’estomac et lui burine les lombaires, le quotidien
d’un petit entrepreneur en France, ulcère, sciatique, maux de tête, sa routine, son
cauchemar, le prix de la « liberté ». Il me l’a bien dit à Dubaï en mangeant son whopper,
« Pendant ces vacances, je te suis, je ne veux prendre aucune décision, je suis trop
crevé pour ça ».
Quant à moi, maintenant que je suis là, j’essaierai au maximum de profiter de ce qui n’a
pas changé, de la bonne nourriture, des massages, des plages, de la douceur de
vivre…et qui sait ? Peut-être que je serai surpris, je l’espère secrètement même si je ne
parviens pas à mettre mon scepticisme de côté.
En ce qui concerne les filles, j’essayerai, autant que faire se peut, de privilégier le
feeling. Je veux des putes qui se lâchent, des grandes salopes, de vrais bosseuses
décomplexées qui en veulent, bourrées si possible, je veux posséder leur corps, leur
faire tout ce dont j’ai envie, fini la baise propre, les belles sponsorisées par cinquante
Gus qui se ruinent pour financer les soirées i-bar arrosées au vin blanc de ces filles de
joie, il me faut une crève la dalle a.k.a Gordon Gekko de la puterie, un requin en talons
aiguilles qui faute de pouvoir utiliser une beauté qu’elle n’a pas, soit obligée de se faire
un nom grâce à ses talents, de baiseuse hors pair, de manipulatrice qui take care même
mes boutons dans le dos, la pute ultime, Pattaya à l’ancienne.
Je pose ma valise dans la chambre 301 de l’hôtel grand Inn situé soi 3 à Sukhumvit.
L’emplacement idéal de l’établissement, nous permet d’effectuer tous nos
déplacements dans le quartier, à pied. La proximité de la station BTS Nana nous offre la
possibilité d’évoluer au sein de la ville sans grande difficulté, à moindre coût.
Je sors ma trousse de toilette, mes chargeurs et des vêtements propres. Je ne prends
pas le temps de défaire ma valise entièrement, demain nous partons pour Phuket…
Je suis sur le point de m’endormir sous la douche lorsque mon cousin vient frapper à la
porte. Nous nous allongeons quelques instants sur le lit afin de souffler un peu, de
prendre le temps de réfléchir avec nos cerveaux à moitié endormis. J’ai du mal à me
focaliser sur une seule idée, mon esprit vacille quelque part entre la cantine du
foodland soi 5, le Dr BJ soi 7/1 et les soapy massage de Ratchada. Nous faisons le point
avec notre estomac, nous n’avons pas vraiment faim pour le moment.
La fatigue travaillant de pair avec la gravité, mon corps pèse 200 kilos. Une
incommensurable flemme s’empare de moi, j’exclus toute possibilité d’un trajet
dépassant les dix minutes. Direction Dr BJ…..le choix est fait.
A cette heure-ci de la journée, la soi 7/1 est bien vide. La plupart des bars sont encore
fermés. Seulement cinq à six filles sont assises devant l’entrée du Dr BJ. Elles bondissent
de leur chaise pour nous suivre lorsque nous entrons dans l’établissement. Nous nous
asseyons sur une banquette, commandons deux bouteilles d’eau puis tentons de faire
notre choix parmi la vingtaine de yins qui nous fait face. Les règles n’ont pas changé, les
filles vêtues d’une robe rouge sont à 1000 THB, celles vêtues d’une robe blanche à 700.
Je jette mon dévolu sur une belle jeune femme aux formes généreuses : 24 ans, poitrine
opulente, dégaine de secrétaire à lunettes, look apparemment très en vogue dans ce
salon, de belles lèvres charnues badigeonnées d’un rouge à lèvres de couleur vive, bien
assorti à son uniforme.
Je la suis jusqu’à une petite cabine qui se situe à l’étage, puis attends son retour
lorsqu’elle s’absente pour se munir de son petit panier de travail en plastique.
Elle me lave méticuleusement la bite dans le lavabo réservé à cet effet avant que je ne
m’asseye sur une serviette, soigneusement entreposée sur un fauteuil en simili cuir.
Elle dépose un petit coussin à mes pieds afin de s’y agenouiller. Elle se glisse entre mes
jambes, puis commence par me sucer très lentement, tout en faisant tournoyer sa
langue autour de mon gland. Des petits bruits de plaisir simulé s’échappent de sa gorge.
Ma main tente d’atteindre son décolleté qui n’est malheureusement pas à ma portée.
Elle se rapproche, je lui saisis un sein tout en essayant de l’extirper de son soutien-
gorge.
« You want to fuck me? » me dit-elle. Je refuse sa proposition à 2000 THB mais finis par
accepter à 1500.
Elle se lève puis se place dos au mur. Debout face à elle, je suis contraint de fléchir un
peu les jambes pour m’introduire dans sa chatte. Je fais des va-et-vient énergiques. Sa
poitrine nue, collée à la mienne, se balance au rythme de mes coups de reins, je ne vais
pas tenir longtemps. Je la retourne en la plaquant contre la paroi de la cabine. Je la
saisis par la taille, elle se cambre juste assez pour que je puisse la pénétrer en
profondeur. Je me termine en elle en haletant comme un chien de traineau après une
longue course en forêt.
Cela faisait plus d’une trentaine de jours que je n’avais pas jouis. Les horaires à rallonge
au bureau, le sport, les sorties, je n’avais ni l’énergie de draguer, ni celle de me branler.
A partir du quinzième jour, sentant que le manque commençait à me travailler
sérieusement, j’avais pris la décision de prolonger cette période de jeûne sexuel jusqu’à
mon départ histoire de me gratifier d’un orgasme monstrueux à mon arrivée, car
comme le disait Tyson dans l’une de ses interview, « Il n’y a rien de tel que le sexe après
une longue période d’abstinence ».
De plus, je remarque aujourd’hui que cette expérience a eu beaucoup d’effets positifs
sur ma vie de tous les jours, j’avais plus d’énergie, plus de volonté pour faire les choses,
je pouvais me satisfaire de peu, j‘avais retrouvé un certain intérêt dans les petits plaisirs
de la vie, dans les choses simples. Par contre je me surprenais souvent à fantasmer sur
des femmes au physique plus qu’ordinaire. J’avais développé un certain attrait pour les
femmes laides, je leur trouvais toutes quelque chose d’excitant. Je n’avais pas idée à
quel point le sexe et l’abstinence sexuelle pouvaient altérer le comportement.
Mon orgasme ne fut cependant pas aussi exceptionnel que je l’aurais cru,
probablement à cause de la fatigue. Peu importe, je donne 500 THB à la demoiselle,
paie les 1000 restant en bas, au papasan, puis rejoins Farid qui m’attend déjà sur la
banquette près de l’entrée.
Nous prenons le métro jusqu’à Chit Lom, marchons un peu plus de cinq cents mètres
sous un soleil de plomb. Nous arrivons au Superrich, l’air devient enfin respirable, la
climatisation nous fait du bien. Je n’ai jamais connu une telle chaleur depuis que je vais
en Thaïlande. D’après les bulletins météo, il n’a pas fait aussi chaud dans toute l’Asie du
sud Est depuis les années 60.
Une fois notre change effectué nous nous rendons au MBK pour faire quelques achats.
Dans une boutique dédiée à la photographie, je parle une bonne demi-heure avec un
jeune thaïlandais. Il me montre, tout fier, ce qu’il a filmé la vieille dans son quartier
avec son nouveau Canon Mark III. Il se débrouille vraiment bien.
Mon cousin finit par s’impatienter, je mets donc fin à la discussion. Nous nous rendons
au KFC pour prendre un verre avant de reprendre la route.
Je commence à vraiment ressentir la fatigue. J’ai besoin de fermer les yeux, de
m’allonger, de ne plus faire d’effort pour soutenir ce corps que je sens très lourd.
Je suggère un oil massage de deux heures à Farid qui accepte avec joie. Nous
descendons à Asoke, marchons jusqu’à la soi 18, puis entrons au Jum massage qui se
situe à environ deux cent mètres de la Sukhumvit Road.
Généralement pas très fan des massages avec finition, les prestations offertes par les
masseuses de ce salon on sût me faire changer d’avis. Ces dernières excellent autant
dans l’art du massage que dans celui de la branlette.
J’arrive en sueur dans la cabine individuelle qui se situe au dernier étage. La masseuse
me laisse prendre une douche avant de commencer.
Je traverse la première heure à moitié endormi, me réveillant de temps à autre en
sursautant au bruit de mes propres ronflements.
Mes yeux finissent par s’entrouvrir légèrement lorsque je sens une main s’égarer sur
mon sexe qui ne tarde pas à se gorger de sang. Comme d’habitude, la masseuse me
propose la finition. J’acquiesce en lui murmurant « five hundred baht ». Elle hoche la
tête en remplissant sa main de lubrifiant.
Mon sexe est dur comme de la pierre. Chaque va-et-vient me procure un plaisir au-delà
de mes attentes. Au bout de deux minutes je commence à sentir cette ineffable
sensation d’explosion imminente, ce picotement si agréable au niveau de la bite. Je me
cambre légèrement tout en laissant échapper le sperme dans une éruption
interminable et anarchique. Le rush d’endorphine dans mon cerveau me fait planer un
bon moment, c’est l’orgasme que j’attendais.
Preuve de son expertise, la masseuse ne me touche plus le gland devenu très sensible
après l’orgasme.
Après s’être lavée, elle reprend le massage comme si de rien n’était. Je m’endors à
nouveau, la tête posée sur un coussin disposé entre ses cuisses, ses mains s’afférant
désormais sur mon visage puis mon crâne. Elle me réveille quelques minutes plus tard
en me disant « Welcome back to earth ».
Nous prenons un taxi pour rentrer à l’hôtel, nous sommes trop fatigués pour nous y
rendre à pied. Après avoir acheté du gel douche au 7/11 près de mon hôtel, je monte
dans ma chambre pour me rafraîchir et mettre des vêtements propres.
Une vingtaine de minutes plus tard nous allons manger thaï dans ma cantine de
prédilection qui se situe sur Sukhumvit Road entre la soi 1 et le Burger King. Je
commande des champignons à la sauce huitre ainsi que du poulet au noix de cajou. Je
savoure ce premier repas qui marque officiellement mon retour.
Nous trouvons la seule chicha encore ouverte de la soi 3. Située dans un renfoncement,
cachée par un drap épais, on se croirait revenus à l’époque de la prohibition. Cette
interdiction devient ridicule. Je ne peux m’empêcher de penser au gros chèque, qu’ont
dû percevoir les généraux corrompus actuellement au pouvoir, de la part de Philip
Morris et consorts.
Nous prenons un thé à la menthe avant de rentrer à l’hôtel. Je m’endors aux alentours
de minuit, l’esprit et le corps complètement relâchés. Malgré mes réticences du début,
je dois avouer que je suis content d’être là.
2*
J’ouvre les yeux à 7h20, j’aurai bien aimé dormir un peu plus mais je n’y arrive pas.
J’appelle Farid, qui comme je le pensais, est déjà debout. Je prends ma douche, me
brosse les dents, m’habille rapidement puis le rejoins dans sa chambre. Concentré sur
son ordinateur, il entend à peine ce que je lui dis. Je décide donc d’aller l’attendre au
Gulliver de la soi 5 le temps qu’il finisse son travail.
Les rues sont pratiquement vides, on se croirait dans une ville fantôme, je suis l’une des
rares personnes à arpenter les trottoirs de la soi arab.
Le Gulliver est fermé, il ouvre seulement à 17h00. A quelques mètres de là, dans la
même rue, je me pose au Took Lae Dee (trad : pas cher et bon) du Foodland. Ce
restaurant aux allures de cantine est ouvert h/24, on y sert de bons petits déjeuners
américains pour moins de 100 THB. Un autre avantage de cet établissement est qu’il est
climatisé, ce qui n’est pas négligeable lorsque l’estomac réclame de bons plats thaïs en
milieu de journée.
Une fois le repas terminé, nous allons finir notre nuit dans un salon de massage de la soi
sept. Je reprends doucement le rythme des vacances, l’Europe et son lot de soucis
s’éloignent petit à petit, je me sens déjà beaucoup moins stressé qu’à mon arrivée.
Nous faisons le check-out à midi, prenons un taxi-meter à la volée, puis partons pour
Don Muang. Enregistrement, douane, Burger King, la routine… notre vol air asia se
déroule très bien.
Phuket nous accueil vers 18h00, nous prenons les navettes à 180 THB. Nous
n’échappons pas à l’arrêt habituel en bord de route. Le chauffeur nous exhorte à entrer
dans une boutique dans laquelle plusieurs femmes, nous attendent afin d’essayer de
nous vendre des tours organisés et des excursions. Nous déclinons leurs offres. Nous
sortons du bureau prendre l’air en attendant que des coréens finissent de réserver leur
trip pour Phi Phi Island.
La navette qui arrive à Patong quelques temps après, nous dépose devant le Tiger
Complex hôtel situé sur la 3rd Road, tout près du croisement avec la Sensabai. Nous
avons réservé six nuits dans cet établissement dont La déco kitsch en carton mâché
frise le ridicule. Le rapport qualité/prix est en revanche, très intéressant compte tenu
de l’emplacement et du confort proposé. J’hérite d’une chambre dont la fenêtre donne
directement sur le bangla Stadium, les soirs de gala, j’arrive à distinguer les
combattants derrière les gradins. L’autre côté de ma chambre fait face au Baanzan
market.
Cette fois-ci je prends le temps de sortir les affaires de ma valise, je suis ici pour une
petite semaine donc autant m’installer confortablement.
J’inonde la salle de bain en prenant ma douche, je n’avais pas fait attention à l’interstice
laissé entre le mur et la baignoire. Ce défaut de construction, qui fait office de rigole,
conduit toute l’eau vers le sol, un véritable tsunami. J’appelle la réception qui m’envoie
aussitôt une femme de ménage.
La Bangla est encore pleine de touristes à cette période de l’année, visiblement la
pleine saison n’est pas encore terminée. Nous prenons un verre dans l’un des beer bars
qui donnent directement sur la rue. Une fille squelettique qui aurait presque l’âge de
devenir mamasan vient nous parler. Elle nous fait littéralement pleurer de rire en
draguant ouvertement tous les touristes japonais qui passent devant nous, une
véritable « miss sans gêne » pleine de repartie, qui sort tout droit d’une autre époque.
Un couple de coréens est choqué de l’entendre dire «I lick pussy of your lady so good,
and for you mister, I put finger in your ass because you look gay too much”. Après cela
elle éclate de rire comme une hyène sauvage en pointant du doigt l’homme qui
continue son chemin sans rien dire, avec une mine déconfite. Elle a amplement mérité
son LD que je lui paie avec plaisir.
Les prix de la cantine « number one » ont beaucoup grimpé. Située derrière la Bangla
dans une sorte de cour intérieure, cet endroit était autrefois notre repère. Nous
venions très souvent manger ici le soir. Aujourd’hui, La note est salée, près de 700 THB
pour quatre petits plats et deux boissons. À Bangkok nous aurions probablement payé
moins de 250 THB dans n’importe qu’elle cantine de rue. Espérons que la hausse des
prix ne soit pas généralisée. Face à cette inflation soudaine, nous décidons que nous ne
reviendrons pas manger ici et qu’il est temps de changer de crèmerie.
Il est encore tôt donc nous marchons un peu sur la plage pour retrouver nos marques,
nous essayons de sentir Phuket, de nous en imprégner. Nous prenons quelques verres
dans un beer bar à l’entrée de la Bangla tout en regardant les danseuses qui nous
accordent autant d’importance qu’à des furoncles sur le cul d’une chèvre en fin de vie.
Nous empruntons l’escalator qui mène à l’Illuzion, je ne suis jamais entré dans cette
boîte auparavant. Visiblement ce lieu rassemble touristes, seuls ou en couples, et putes
thaïs qui se la jouent high so, d’entrée de jeu le lieu ne nous plait pas.
De l’autre côté de la rue, le Séduction affiche complet. Le lieu est plein de jeunes
français perdus entre le look métrosexuel et l’attitude racailleuse, un mélange propre à
nos jeunes compatriotes conditionnés qui viennent jusqu’en Thaïlande pour perpétuer
les comportements grotesques d’un occident fier de faire étalage de sa richesse,
souvent fictive. Chaque table arbore de grosses bouteilles de Vodka à plus de 10'000
THB ou plusieurs sceaux dans lesquels sont entreposés trois à quatre bouteilles que
personne n’a ouvert.
Le DJ passe le morceau de NWA « fuck the police », bien entendu ils reprennent tous le
refrain en cœur en levant le majeur en l’air. Jeune génération qui joue la rebelle mais
qui se ruine pour participer avec zèle à la société de consommation, de véritables
électrons à la dérive complètement absorbés par le système.
Nous le savions déjà avant même d’y songer, la soirée va se terminer au Tiger, comme
d’habitude. L’entrée est désormais gratuite mais le prix des consommations est très
élevé. Le piège de ces boîtes est qu’il est pratiquement impossible de trouver une
bonne table si l’on ne prend pas de bouteille. Nous tournons quelques instants, à tout
hasard, on ne sait jamais.
La bouteille de Red accompagnée de cinq starters nous revient à 4000 THB, ça fait très
mal, cent euros en Thaïlande pour une bouteille de whisky… Au final nous boirons
chacun deux verres dans la soirée avant de la consigner pour les prochains soirs.
La boîte est devenue un repère d’arabes du Moyen-Orient et d’indiens visiblement plus
fortunés que la majorité de ceux que l’on croise habituellement en Thaïlande. À part
cela rien n’a vraiment changé. Les putes sont fidèles au poste, tournent dans la boîte la
tête haute, tentant de feindre l’arrogance, attitude visiblement très tendance ces
dernières années, mais n’hésitent pas une seule seconde à s’avilir en plongeant par
terre pour ramasser les billets de 20 THB lancés par deux gros pigeons du Moyen-
Orient, visiblement très amusés par ce petit jeu d’humiliation abjecte. Un autre arabe
assis à côté de moi ne peut s’empêcher de secouer la tête face à tant de stupidité.
« There are so stupid to throw money like this, they spoil the girls and they make the
prices go up » me dit-il. Je ne peux qu’adhérer à son discours.
Faisant abstraction de tout cela, j’allume mon radar qui ne tarde pas à repérer Anny.
Grande, plutôt mignonne, une bonne grosse paire de seins, son pantalon blanc moulant
dévoile de belles fesses rebondies. Je lui souris, elle vient aussitôt se présenter. Nous
discutons un peu avant de nous rendre compte qu’il est déjà bien tard. Farid n’a rien
attrapé, nous décidons qu’il est temps de rentrer.
Nous remontons la Sansabaï en direction de la 3rd Road, je demande à Anny si elle
connait une petite cantine thaï ouverte à cette heure-ci. Elle nous emmène dans un
petit boui-boui situé dans la rue perpendiculaire qui précède le Chang pool.
Deux grandes tables, une petite cuisine, l’endroit est spartiate. Le restaurant d’à côté,
« le Hummer », est une sandwicherie dans laquelle se réunissent pas mal de jeunes
français, ça n’a pas l’air mauvais du tout, nous le testerons un autre jour.
La cantine, quant à elle, est excellente, le menu n’est pas énorme mais il est possible de
commander des plats qui n’y figurent pas. Les prix sont bien entendu très bas. Il
semblerait que nous venons de trouver notre nouveau spot, il se situe à moins de cent
mètres de notre hôtel.
Anny se déshabille entièrement, sans pudeur, dès que nous entrons dans la chambre.
Elle s’allonge toute nue sur le lit pour regarder les clips qui passent à la télé. J’ai pu
brancher mon disque dur via un port USB. The weeknd, Franck Ocean, Bryson Tyler…
ma playlist « lover » est lancée.
Je suis attiré par son imposante poitrine naturelle comme Ulysse par le chant des
sirènes, je ne peux m’empêcher de me précipiter sur ses seins pour les enfourner tour à
tour dans ma bouche. Ses tétons sont durs, je les dévore tel un bébé assoiffé, en
manque de lait.
Elle me relève la tête pour m’embrasser goulûment en forçant l’ouverture de mes
lèvres avec sa langue. J’enlève mon pantalon, elle grimpe sur moi, saisit mon pénis, puis
se l’introduit dans le vagin. Je le ressors pour l’envelopper d’un préservatif.
Elle me chevauche pendant cinq minutes tout en continuant à m’embrasser
violemment. Son envie manifeste de faire l’amour m’excite encore plus. Je la renverse
pour la placer en levrette. Mes va-et-vient sont assez lents, j’ai envie de la pénétrer
profondément, d’aller jusqu’au bout à chaque coup de rein. Lorsque ma bite est bien au
fond, je marque un temps d’arrêt pour rester entièrement en elle. Elle le sent et essaie
de s’empaler encore plus en forçant vers l’arrière avec son bassin.
« Harder » me répète-elle à plusieurs reprises. Je suis au maximum de mes capacités
physiques. J’ai beau la cogner de toutes mes forces, elle en redemande encore.
« Harder, Harder, please, I want to come…..oh yes…..harder… ». Je suis en sueur, je
dégouline comme si je sortais d’un hammam. Je n’ai plus d’endurance. Après quinze
minutes d’efforts intensifs, j’abdique lâchement en me laissant tomber sur le lit, à bout
de souffle. Elle me secoue en me disant « come on….not now….I want to finish ». Je lui
dis que je n’ai plus de force mais rien n’y fait. Elle monte sur moi, s’introduit à nouveau
ma bite dans sa chatte trempée qui dégouline de cyprine, puis reprend ses
mouvements violents du bassin. Même dans cette position elle me fait un peu mal, une
véritable furie. Au bout de quelques minutes elle finit par jouir en me griffant le torse et
en me mordant le cou, une tarée !
Elle se laisse tomber à son tour, exténuée, toute tremblante, encore secouée par son
orgasme.
En tout et pour tout, elle me fait jouir trois fois dans la nuit, je redécouvre le genre de
prestation qui a fait la réputation du pays auprès des punters du monde entier. Nous
discutons de tout et de rien, elle me parle des différents vices qu’utilisent les putes
pour tromper les clients, de comment cela se passe pour un tapin à Phuket, entre les
flics corrompus qui la taxent sans arrêt, les petits macros qui essaient de lui mettre le
grappin dessus, les videurs de boîtes qui lui font constamment du chantage sexuel…
l’autre côté du miroir, je redécouvre la puterie à travers ses yeux.
Lui ayant fait part de notre intention de louer des scooters pour cinq jours, elle contacte
vers 7h00 du matin, l’un de ses amis qui vient tout juste d’ouvrir un magasin sur Patong.
Elle prend rendez-vous avec lui, il viendra nous livrer deux pcx 150 à 10h30. Elle nous
négocie la journée à 250 THB par scooter, prix imbattable pour Phuket.
Nous prenons notre douche ensemble en nous embrassant tendrement puis nous
fermons les yeux tandis que le soleil tente déjà de se frayer un passage à travers les
rideaux de la chambre. Anny …… Bonne pioche !
3*
Le téléphone d’Anny sonne à plusieurs reprises avant qu’elle ne décroche. « Honey,
wake up, go reception for motorbike »…. Je me lève, m’habille à la va-vite, puis pars
frapper à la porte de mon cousin qui m’ouvre à moiti endormi. Il me remet son
passeport avant de retourner se coucher.
Les scooters sont tous neufs, moins de 1800 km au compteur chacun. Nous remplissons
la paperasse, je fais semblant de rire aux blagues salaces du loueur « lady good ?.... she
good boom boom ? »… Je remonte sans tarder pour m’endormir à nouveau, la tête
posée entre les gros seins d’Anny.
Nous nous réveillons vers 13h00, je me sens fatigué, visiblement je n’ai pas assez dormi.
Bien entendu Anny se jette directement sous les draps pour me sucer. Je me laisse aller
mais je n’arrive pas vraiment à bander. N’étant pas « du matin » je lui dis d’arrêter. Elle
me demande si dans ce cas je veux bien la faire jouir avec ma langue. Je refuse, elle fait
semblant de bouder. Je lui dis pour plaisanter que si elle me donne 500 THB j’exaucerai
son vœu.
Elle sort un billet de son sac à main avant de sauter sur le lit en rigolant. Elle se met à
chanter « lick my pussy now, lick my pussyyyy ». Je ris de sa blague puis mets fin à cette
histoire en allant prendre ma douche. Je la retrouve sur le lit en train de se toucher, je
la laisse se terminer en l’observant avec attention.
Je l’accompagne chez elle en scooter, elle habite dans une rue perpendiculaire à la
second road, non loin du croisement avec la route qui mène à Kamala Beach. Son
bâtiment doit bien faire douze ou treize étages, elle insiste pour me montrer sa room,
petite chambre spartiate chaleureusement décorée. « Can you fuck me in my room? ».
Je ne l’avais pas vu venir celle-là. Une véritable nympho, je suis bluffé par son appétit
sexuel. Cette fois-ci je ne refuse pas, je suis mieux réveillé. Sa petite robe de fille bien
sage, qu’elle vient de passer, m’excite plus que la tenue de pute quelle portait la veille.
Je lui dis de baisser sa culotte et de se mettre à quatre pattes au bord du lit. Elle
s’exécute avec un petit sourire en coin, les yeux chargés de concupiscence. Je prends le
seul préservatif qui traîne dans la pochette de mes cartes de crédit, probablement
périmé mais c’est mieux que rien, je soulève sa robe qui dévoile son cul délicieusement
offert, puis je la prends par derrière à mon rythme. Je la préviens d’entrée de jeu, « I’m
too tired to fuck you hard, I go slow ».
Elle se tourne vers moi pour me demander de jouir dans sa bouche, ce que je fais
quelques minutes plus tard. Elle recrache mon Adn dans un mouchoir tout en me
gratifiant d’un timide « thank you » ….
Je prends la porte en lui donnant rendez-vous pour ce soir, j’ai bien envie de la garder
une nuit de plus, les baiseuses de cet acabit ne courent pas les rues.
Je sors de l’immeuble complètement relâché, les bras ballants, les jambes légères,
évoluant à l’allure d’un vieillard en pantoufles. Un sentiment de liberté me prend aux
tripes, je remonte sur le scooter, le vent chaud me caresse le visage, je suis en vie.
Je passe prendre mon cousin dans sa chambre qui ne lâche pas son ordi, visiblement
son esprit est toujours au travail.
Nous enfilons nos shorts de bain, prenons des serviettes de plage à la réception puis
partons manger au Fuji du Jungceylon. Après un repas léger nous prenons la route pour
Surin Beach.
La plage est pratiquement déserte, nous louons des transats afin d’y poser nos affaires.
Nous passons une bonne partie de l’après-midi dans l’eau à discuter de nos vies
respectives, de notre routine qui devient pesante avec l’âge. Après maintes
introspections, Farid a fini par s’avouer à lui-même qu’il devenait accro au travail, faute
d’être heureux en ménage. Dans la débâcle d’un mariage qui bat de l’aile, il a choisi de
s’enterrer dans son boulot afin d’éviter de faire face à ses problèmes de couple.
Nous retournons sur Patong lorsque le soleil embrasse l’horizon. Petit arrêt au
« Samero’s Ice cream » pour un petit plaisir glacé, je prends un cornet à la pistache, un
délice.
Des petits stands de shooting ont poussé comme des champigons sur Patong. Pour 100
THB, il est possible de tirer une quinzaine de balles au pistolet à plomb sur des cibles en
papier. Je m’arrête souvent pour vider un chargeur, je trouve ça très jouissif.
Après une session digne d’un sniper manchot, nous rentrons prendre une douche. Nous
ne trainons pas, la fatigue nous rattrape, il est temps de faire une sieste dans un salon
de massage.
Nous nous rendons au « Mama » situé sur la Sansabaï. En ce début de soirée,
l’établissement affiche presque complet.
J’opte pour un thaï massage d’une heure qui s’avère très violent, mais c’est exactement
ce dont j’ai besoin, mes os craquent dans tous les sens, mes muscles se détendent, mon
corps retrouve son élasticité dans la douleur.
Une fois rentrés à l’hôtel, Je m’endors sur mon lit malgré les cris qui s’échappent du
Bangla stadium. Mon réveil sonne une demi-heure plus tard. Je prends une douche,
déguste quelques noix de cajou tout en observant la vie nocturne de la 3rd road par la
fenêtre. Je pars chercher mon cousin dans sa chambre mais il n’a pas terminé son
travail. Je m’en vais l’attendre au restaurant « the Kitchen », collé au Taï pan sur la 2nd
road. N’ayant pas vraiment faim, je commande seulement une eau gazeuse.
Ce soir il y a foule, la Bangla grouille de monde. La chaleur insupportable nous fait suer
à grosses gouttes. Nous nous rendons au VIP room (anciennement Hollywood) qui
s’avère au final être une agréable surprise. L’endroit est loin d’être plein mais les filles
présentes, en plus d’afficher très ouvertement leur disponibilité, sont assez jolies. Nous
nous asseyons pour prendre un verre. Mon cousin observe sans vraiment bouger, il n’a
pas l’air décidé à embarquer quoi que ce soit. Anny nous rejoint plus tard, il est temps
de rentrer.
Avant de regagner nos chambres respectives, nous dégustons un bon gros hamburger
au « Hummer », le restaurant français que nous avions repéré la veille. Il s’avère que la
nourriture y est très bonne.
Cette fois-ci je ne baise qu’une seule fois, je n’ai plus d’énergie. Je commence par la
prendre en levrette pendant trente secondes puis je l’aplatis pour la chevaucher en
position du violeur. Ce coït improductif s’éternise, je ne vois rien arriver à l’horizon, pas
l’ombre d’une éjaculation, j’en ai marre. Je m’arrête quelques dizaines de minutes plus
tard … « no power baby, we sleep ».
4*
Il est 13h30, le soleil est au plus haut, c’est le moment que choisit Anny pour me faire
une petite scène devant chez elle lorsque je refuse de monter dans sa chambre. J’ai
envie de partir, de rejoindre mon cousin, mais elle ne veut pas prendre les 2200 THB
que je lui tends pour les deux nuits passées en sa compagnie. Je ne comprends pas ce
qu’elle veut, je lui demande quel est son problème, elle me répond qu’il n’y en a pas en
m’arrachant les billets de la main avant de tourner les talons, énervée, pour disparaitre
quelques secondes plus tard dans l’ascenseur de son immeuble.
Je sais que le problème ne vient pas de la somme d’argent en question car elle n’a ni
compté, ni demandé combien je lui donnais. J’imagine qu’elle a dû s’imaginer que je
voulais un VLT avec possibilité de contrat de sponsorisation à la fin … Il est temps que je
passe à autre chose même si je n’ai rien à lui reprocher à part ce petit jeu de dupes à la
Thaïlandaise qui me fatigue au plus haut point.
Je rejoins Farid à l’Irish Times Pub du Jungceylon, me commande un pavé de saumon
accompagné de légumes tout en discutant du programme de l’après-midi. La chaleur
qui sévit nous exhorte à trouver un point d’eau duquel nous ne sortirons qu’en début
de soirée.
Le Yorkshire Hôtel situé sur la Sansabaï nous propose un « day pass » à 290 THB par
tête. N’ayant pas envie de chercher plus loin ou de prendre le scooter pour nous rendre
à la plage, nous décidons d’opter pour cette formule qui permet l’usage du hammam et
de la piscine, les serviettes sont comprises dans le prix.
Nous passons une après-midi très agréable à faire la planche dans l’eau, à lézarder sur
les transats en observant les jolies putes des punters anglais, clients de l’hôtel.
Nous quittons les lieux aux alentours de 18h30. Nous partons à la recherche d’un
coiffeur/barbier en longeant la seconde road. Nous passons devant le Jungceylon,
continuons quelques centaines de mètres avant d’en trouver un juste en face du
Christine massage. Ce salon pour homme est tenu pas des égyptiens.
Crâne rasé, barbe taillée, je suis frais pour la soirée. Nous payons un peu moins de 300
THB par personne.
Nous décidons de poursuivre notre petite balade à pied. L’air est un peu plus frais, nous
en profitons pour nous dégourdir les jambes. Nous continuons jusqu’au bout de la
second road avant de reprendre la third. Nous rencontrons un couple de français, je
leur demande s’ils connaissent une chicha ouverte dans le coin. Ils me parlent du Red
Sky, un rooftop de français dans le quartier de « la Courneuve », nous irons y faire un
tour plus tard.
Après une bonne heure de marche nous arrivons à l’hôtel, je suis fatigué. Je somnole
dans mon bain, en écoutant de la musique, un verre de jus de mangue à portée de
main. Ma playlist arrive à la fin, le silence soudain me réveille.
J’appelle Farid qui lui aussi s’était endormi, il est temps d’aller manger un morceau.
Nous passons devant le Tai Pan, tournons dans la première rue à droite, celle de l’Expat
hôtel, puis commandons de grosses brochettes de poulet dans une petite cantine de
rue. C’est « took lae dee », nous partons de là repus.
Il est beaucoup trop tôt pour aller en boîte. Le mercure a grimpé à nouveau, il nous faut
un lieu climatisé. J’accompagne Farid qui se paie une manucure/pédicure sur la beach
road, j’en profite pour fermer l’œil dans l’un de leurs fauteuils en cuir très confortables.
Ce soir, je veux rentrer seul, j’ai besoin d’une nuit de sommeil pour récupérer de ce
marathon sexuel que m’a fait vivre Anny ces derniers jours. Il est temps que je
m’occupe également de mon cousin qui visiblement a du mal à s’en sortir. Nous
décidons de faire un petit tour de toutes les boîtes de la Bangla, on ne sait jamais, peut-
être qu’une bonne adresse nous a échappé, un nouveau lieu, un ancien qui bouge plus
qu’avant … place à l’exploration.
Une longue queue s’étire devant l’illuzion, nous reviendrons plus tard. Rien de bien
intéressant au Taï Pan, il est encore trop tôt. Une danseuse descend du podium pour
frotter ses petites fesses contre moi afin de me soudoyer un lady drink, je refuse.
L’illuzion affiche complet. Les filles sont vraiment jolies mais elles sentent le 3D à plein
nez. Poitrine gonflée, nez retravaillé au marteau, maquillage délicat, parfum de marque
probablement offert par un client, vêtements coordonnés, la pute de base de l’illuzion
est plus sophistiquée que sa consœur du Tiger ou du VIP room. Gardant à l’esprit que la
prestation importe plus que l’emballage, je conseille à Farid de chasser ailleurs qu’ici.
Depuis la Bangla, nous empruntons le petit chemin qui mène au White Room. Il n’y a
pas grand monde mais la boîte a du potentiel. Deux ou trois jeunes yins feraient
largement l’affaire mais Farid semble détaché, il va falloir que nous discutions
sérieusement.
Le Vip Room quant à lui, propose les mêmes filles que le premier soir où nous étions
venus, visiblement il n’y a pas de turnover dans cette boîte. Néanmoins, pas mal de
celles qui sont présentes, méritent un LT.
L’heure tourne, Farid fait du surplace. Je ne préfère pas insister, nous partons sur la
Sansabaï afin de manger un morceau. Assis à la table d’à côté, deux indiens sont
accompagnés de putes russes qu’ils ont probablement rencontrées à l’illuzion.
Je parle avec mon cousin, lui demande ce qui ne va pas. Il m’avoue à demi-mot qu’il a
tout simplement perdu le mode d’emploi. Je lui rappelle que tout ceci n’est qu’une
vaste farce, les boites, la musique, l’alcool .… je lui rafraîchis la mémoire en insistant sur
le fait que ce sont toutes des putes, qu’elle sont ici pour bosser, que c’est lui qui leur
fait une faveur en leur donnant du boulot et que si l’une d’entre elle s’avise de lui
donner l’impression du contraire, c’est qu’elle fait mal son travail.
Bien qu’il soit en accord avec moi, il me dit que quelque chose est rouillé en lui, trois
ans sans prendre de vacances en célibataire, il a besoin d’un coup de main. Demain je
lui en balancerai une entre les pattes, ça lui reviendra tout de suite, c’est comme le
vélo, ça ne s’oublie pas.
Avant de rentrer à l’hôtel, je vide deux chargeurs de plombs, je fais un massacre, je suis
prêt pour la guerre.
5*
Depuis que nous sommes arrivés en Thaïlande, il a fait beau tous les jours. Hormis la
température avoisinant celle des cuisines de l’enfer, nous sommes vraiment gâtés.
Aujourd’hui ne fait pas exception. Nous quittons l’hôtel lorsque le soleil est au plus haut
pour nous rendre dans le premier restaurant climatisé que nous croisons au Jungceylon.
Il s’agit d’un restaurant coréen nommé « Maru ». La nourriture n’y est pas
extraordinaire mais cela reste correct.
Le temps est idéal pour une petite balade en scooter. Nous passons à la réception de
l’hôtel pour prendre des serviettes de bain puis partons vers le sud de l’île. L’année
dernière, Axl et moi avions effectué le même parcours, nous étions descendus jusqu’à
Rawaï, pour enfin terminer le reste de l’après-midi à Nai Harn beach. Cette fois-ci nous
nous arrêtons en bord de mer à Rawaï pour prendre un verre dans un restau en plein
air, au bord de la route, ici il fait un peu plus frais. Nous prenons notre temps dans cette
partie de l’île où les touristes occidentaux se font plus rares.
Peu de monde à Nai Harn, nous sommes loin des plages bondées de France. Nous
restons dans l’eau pas mal de temps, je prends des couleurs sans m’en rendre compte.
Deux jeunes lesbiennes australiennes viennent poser leurs serviettes à coté de nous.
Ayant peur de se faire voler leurs affaires, elles nous demandent si nous pouvons y jeter
un œil pendant qu’elles partent se baigner.
A leur retour nous sympathisons un peu, elles sont vraiment cool. Nous quittons la
plage tous les quatre aux alentours de 18h00. L’une d’entre elle monte derrière moi,
l’autre derrière mon cousin. Nous les déposons dans un petit hôtel de karon avant de
reprendre la route pour Patong.
Pour ne pas déroger à la règle nous mangeons une petite glace au Haagen-Dazs de la
beach road. Deux russes se battent jusqu’au sang dans le restaurant. Une fois fatigués,
ils se reparlent comme si de rien n’était …. Scène très étrange.
La nuit commence doucement à poser son voile sombre sur la ville. Les familles se
préparent pour aller diner avant de dormir, les putes sortent de leur léthargie, les
punters prennent l’apéro avant d’aller chasser, certaines boutiques ferment, d’autres
ouvrent, un autre jour ordinaire à Patong, une autre nuit.
Farid me dit qu’il aimerait bien refaire le Jum massage à Bangkok, il a vraiment apprécié
la prestation offerte dans cet établissement. Bien évidemment, cette remarque n’est
pas anodine, je décèle chez lui l’envie de tirer un coup, il doit avoir les couilles pleines.
Je lui suggère un massage crapuleux sur la seconde road, il est plus que partant.
Nous nous arrêtons dans l’un des salons qui se situent non loin du Christine massage.
De jeunes filles vêtues de paréos multicolores qui mettent bien en valeur leur peau
halée, patientent calmement en attendant le chaland.
Kat, la vingtaine passée, me masse passablement tout en me questionnant sur ma vie,
tel un inspecteur de police. Toutes ces interrogations finissent, comme à l’accoutumé,
par mener au point d’interrogation ultime : « you want ? » me demande-t-elle en
pointant du doigt mon sexe à moitié en érection. J’acquiesce en lui suggérant le prix
habituel de 500 THB. Elle refuse tout en commençant à me masturber. Elle reste ferme
à 1000 THB, je lui demande donc d’arrêter, ce qui a l’air de la surprendre. Feignant
l’agacement, elle s’essuie les mains en mettant fin prématurément au massage. Je
pourrais lui demander de continuer, étant donné que j’ai payé pour une heure, mais vu
la qualité de la prestation, je préfère m’arrêter là.
Avant de quitter le salon, Kat ose quémander un pourboire. Je refuse en roulant des
yeux, ce qui a le mérite de faire rire ses collègues de travail à gorges déployées. Vexée,
ayant perdu la face, elle croise les bras tout en faisant une moue d’enfant boudeur.
Mon cousin, quant à lui, s’est vu gratifié d’une bonne pipe d’après ses dires. Je le sens
beaucoup plus détendu, prêt à attaquer la soirée avec sérénité et enthousiasme, je suis
content.
Anny n’arrête pas de m’envoyer des textos, elle veut que j’aille la baiser dans sa room
avant de reprendre mes activités. Je l’appelle pour lui dire que malgré l’affection que je
lui porte, j’ai envie de faire le papillon, je suis en vacances, je veux varier les plaisirs. Elle
me dit calmement qu’elle s’y attendait plus ou moins depuis cette après-midi. Elle
souhaite néanmoins rester « amie » avec moi, j’accepte même si je m’en contrefous
tout autant qu’elle. Nous échangeons nos facebook puis sayonara.
Anny(image de facebook)
Nous sommes d’humeur joyeuse ce soir, nous rigolons des idioties que nous débitons
sans réfléchir tout en dégustant des brochettes de bœuf, que nous avons acheté sur la
route. Posés dans la chambre de Farid, jus de lychee en main, c’est le genre de
moments que je préfère, ceux que je partage avec mes potes, les rigolades, la
complicité, les putes ne sont qu’un bonus qui rendent le séjour plus agréable.
Après un petit tour infructueux au VIP room, nous nous rendons au tiger. La boîte est
encore pleine à craquer. Ce soir la musique est excellente, j’ai l’impression de revivre
les grandes heures de l’ancien Tiger avec sa pléiade de DJ spécialisés dans la House
music.
Nous présentons la consigne à une serveuse qui nous amène notre bouteille de Red peu
de temps après. J’attrape au vol une barquette de popcorn à 100 THB, nous sommes fin
prêts pour attaquer cette soirée.
Nous enchainons les Whisky-Coca tout en scrutant la salle du regard. Lorsqu’il ne reste
plus qu’un quart de bouteille, mon cousin me signale qu’il est temps de faire durer nos
verres.
Une yin tatouée de partout, plutôt fine, cheveux courts, mini short noir, débardeur noir,
belle poitrine, passe devant moi un Breezer à la main. Farid adore ce genre de filles,
depuis le temps que nous venons ensemble ici je connais ses goûts par cœur. Je saisis la
belle par le poignet, lui dis sans détour « my friend like you » tout en la jetant dans les
bras de mon cousin.
Farid me traite de salopard. Un grand sourire de Joker illumine son visage, je suis
content de le voir dans cet état euphorique, de la déprime au bonheur il n’y a qu’un
pas.
Quant à moi je repère Nam qui se trémousse sur le podium. Un concentré d’Isaan d’un
mètre soixante, une peau brunie par le soleil du nord, la débutante dans toute sa
splendeur. Son regard émerveillé balaye la grande salle de haut en bas, de gauche à
droite, elle en oublie même de rester en rythme. Son short en jean moulant dévoile une
paire de fesses bien rebondie, ce qui est rare pour une thai, sa chemise à carreaux de
paysanne un peu trop ouverte offre une vue imprenable sur un décolleté alléchant. Ses
seins ont l’air trop volumineux pour une taille aussi fine. J’essaye de capter son regard
sans y parvenir, elle n’ose fixer personne. Un jeune homme du Moyen-Orient
s’approche d’elle mais n’insiste pas face aux réticences de la jeune fille.
Sa copine, qui revient des toilettes, passe à côté de moi. Je l’arrête pour lui dire que
j’aime beaucoup son amie perchée sur le podium. Elle lui fait signe de venir tout en se
collant à moi. Quelques secondes plus tard, Nam se tient à mes côtés, toute timide,
n’osant pas décrocher un mot. « She not speak english » me dit sa copine. J’apprends
que Nam âgée de vingt et un ans, est arrivée d’Isaan il y a seulement deux semaines. Je
baragouine quelques mots en thaï pour la décoincer, je la sens très vite plus détendue.
Après une bonne demi-heure de frotti frotta, nous partons tous les quatre manger un
morceau dans notre cantine thaï située à côté du Hummer. Le Kao pad Kaï me fait
redescendre de ma mini cuite, je retrouve toute ma lucidité.
N’ayant pas vraiment la possibilité de dialoguer, nous passons directement aux choses
sérieuses. Nous prenons tous les deux notre douche puis commençons à faire l’amour
tendrement en nous caressant longuement. Nam semble apprécier nos embrassades
langoureuses. Sa langue s’entremêle avec la mienne sans retenue. Je lui caresse tout le
coprs, son entrejambe est humide, j’y colle ma langue pour l’exciter encore plus. Elle
écarte ses belles cuisses musclées sans se faire prier, puis laisse tomber sa tête en
arrière pour se concentrer sur son plaisir. Au moment où je commence à la sentir
fébrile je la pénètre en missionnaire tout en l’embrassant tendrement dans le cou. Elle
jouit quelques minutes plus tard, laisse tomber ses jambes une fois l’orgasme passé
tout en relâchant son étreinte, légèrement essoufflée. Elle me regarde dans les yeux, se
met à rire de timidité en se cachant la bouche avec la main, embarrassée, un peu
honteuse d’avoir pris du plaisir.
Je me retire pour la laisser se reposer cinq minutes. Allongée à côté de moi, elle me fixe
sans sourciller, son regard est plein de tendresse. Elle me caresse le torse, se blottit
contre moi tout en m’embrassant un peu partout, puis se met à renifler ma peau
comme un petit chien. Je la sers fort dans mes bras, je me sens bien.
Malgré les distances, de quelque nature qu’elles soient, physiques, culturelles,
linguistiques ou encore mentales, un homme et une femme peuvent se faire du bien,
faire en sorte que leur corps et leur esprit soient en symbiose, le temps d’un instant,
d’une étreinte, d’un simple sourire, d’une pénétration, d’un baiser, d’un souffle sur la
peau qui peut parfois éveiller une concupiscence enfouie au plus profond de soi. Plus
qu’un instinct, une vérité naturelle, une règle gravée dans l’ADN animal, aussi vraie et
aussi ancienne que la pesanteur: l’amour est, et demeurera toujours une loi universelle
qui transcende le temps, l’espace et les êtres. L’amour, même réduit à son état le plus
primaire, à celui d’une simple attirance physique entre deux personnes, est un tsunami
qui balaye tout sur son passage, toutes les barrières, tous les obstacles, parfois dans la
douleur. Au final, il ne reste que deux individus qui se comprennent ; pas besoin de se
parler, il suffit de se regarder, de se toucher, de se sentir, de s’abandonner à l’autre et
dans l’autre, l’expression des sens dans leur simplicité la plus pure.
6*
Nam me réveille aux alentours de 11h00 pour me dire qu’elle doit partir. Les deux
rounds de la veille m’ont épuisé, je la laisse filer sans regret après lui avoir donné 1500
THB.
Farid vient tambouriner à ma porte à 13h00. Il m’attend sur le lit le temps que je
prenne ma douche. Je laisse la porte de la salle de bain entrouverte afin que nous
puissions parler de cette nuit qui marque officiellement son retour dans le « game »
(la pipe dans le salon de massage n’étant pas officiellement reconnue comme acte de
puterie par mes soins).
Il ne se souvenait plus de la douceur de leur peau, de leurs gestes pleins de délicatesse,
de leur corps frêles qui donnent l’impression de pouvoir se briser lors d’une étreinte un
peu trop forte. Il est ravi, détendu, son ordinateur est resté éteint…
La chaleur atroce, qui décourage toute tentative d’exposition au soleil, nous force à
passer l’après-midi dans la piscine du Yorkshire. J’y mange un très bon club sandwich en
guise de déjeuner.
Nous nous relaxons dans l’eau jusqu’au coucher du soleil. Deux jeunes anglaises,
clientes de l’hôtel, viennent profiter de la piscine, Je tente une approche avec l’une
d’entre elle. Les gros seins de cette dernière ont éveillés chez moi de vils instincts de
reproducteur. Sa copine, se sentant de trop, part bronzer afin de nous laisser un peu
d’intimité. Je me rapproche de ma proie petit à petit. Tout en discutant, je touche son
épaule, son bras, ses cheveux…. Pas de réactions négatives de sa part. Lorsque sa
copine part aux toilettes j’essaie de l’embrasser. Elle n’est pas assez belle pour que je
lui consacre plus de temps, donc je tente le tout pour le tout, ça passe ou ça casse…
Elle me repousse en rigolant. « You don’t waste time » me dit-elle.
Elle prend mon numéro pour m’appeler ce soir mais je sais déjà que je ne la reverrai
pas. L’effort que je devrais fournir pour la mettre dans mon lit est trop important, elle
n’a rien d’extraordinaire à part ses seins …
Farid et moi faisons un hammam avant de quitter les lieux pour nous rendre à l’hôtel.
Je pars en solo faire une séance de sport au Patong Gym. Je soulève des montagnes
grâce à tout le repos que j’ai pu accumuler depuis mon arrivée. Mon corps apprécie
l’effort, ça me fait du bien.
Une fois rentré à l’hôtel, je prends une douche tout en m’étirant les muscles. Un
massage me ferait le plus grand bien pour récupérer de cette séance de destruction
massive de fibres musculaires.
Je pars chercher mon cousin qui faisait une petite sieste. Nous nous arrêtons dans un
salon de massage quelconque sur la 3rd road, non loin de notre hôtel. Deux femmes,
plutôt âgées, nous conduisent vers les petits matelas posés au sol.
Je m’endors très rapidement en abandonnant entièrement mon corps aux mains de la
masseuse.
Nous émergeons de notre sommeil deux heures plus tard. Nous payons les dames,
avant de traverser la rue pour nous poser dans un restaurant chinois. Nous sommes les
seuls clients. Nous nous asseyons en terrasse puis commandons quelques plats que
nous savourons tout en regardant les voitures et les piétons passer devant nous.
Nous décidons de nous faire un gogo avant d’aller en boîte. J’ai pu voir sur internet que
le Suzy Wong, qui se situe soi see Dragon, était l’un des meilleurs sur Patong, nous
tentons notre chance là-bas. Dès le départ, j’apprécie le show lesbien qui se déroule
sur le podium. Trois très jolies filles, vraiment bien foutues, entièrement nues,
s’adonnent à une danse qui incorpore caresses, coups de langues et frottements en
tous genres. Une australienne et son mari sont assis au pied des filles. Visiblement la
femme, belle blonde sculpturale, est bi. Elle ne se prive pas pour embrasser à pleine
bouche les danseuses. Elle leur caresse la chatte, les seins, le cul, c’est très excitant. Le
mari qui au final est assis à côté de moi, me dit qu’ils ont déjà partouzé une fille dans
l’après-midi et qu’ils sont sur le point d’en barfiner une autre pour la nuit… Si j’étais un
pêché je serais l’envie.
La soirée s’annonce bien, la Bangla est pleine à craquer. Nous décidons de laisser une
dernière chance à l’illuzion avant de définitivement faire une croix dessus.
La musique est excellente, beaucoup moins de morceaux mainstream que les autres
soirs. De la house bien mixée sort des enceintes gigantesques fixées un peu partout. Les
putes, les touristes, les daleux, les michetonneuses, les racailles, les minets, tout ce
beau monde convulse méthodiquement, en cœur, au rythme des martèlements
réguliers des gros kick des drum machines, à une cadence infernale de 128 bpm.
Une demoiselle d’environ vingt-cinq ans, jean moulant, un petit débardeur blanc qui
n’en finit plus de s’étirer vers l’avant sous la pression de sa grosse poitrine visiblement
refaite, me sourit tout en m’invitant à sa table pour prendre un verre. Elle me présente
trois australiens vraiment sympas. « They are my friends » me dit-elle.
Je ne peux m’empêcher de reluquer ses seins, je voudrais tellement les toucher que j’ai
l’impression de déjà les sentir dans le creux de ma main. Elle remarque aussitôt mon
petit manège tout en s’empressant de me murmurer à l’oreille « you like my boobs ? ».
Je rétorque sans sourciller « I want to eat them », ce qui la fait exploser de rire. Elle me
gratifie d’un petit bisou sur la joue puis se tourne vers les australiens pour leur
demander si Farid et moi pouvons nous servir des verres de whisky coca.
Environ six bouteilles de Vodka, Whisky… sont disposées sur la table dans des sceaux
remplis de glaçons. Les australiens acquiescent en affichant de grands sourires
ultrabrite tout en nous offrant des poignées de mains viriles afin de nous témoigner
leur approbation.
Dao connaît tout le monde dans la boîte, elle passe son temps à dire bonjour aux
personnes qui passent à côté d’elle, à saluer d’anciens clients, des copines… J’ai à peine
eu le temps de faire connaissance avec elle que toutes les lumières s’allument. La
musique s’arrête. Les yeux des fêtards, imbibés d’alcool, habitués à l’obscurité, se
ferment à moitié pour filtrer le trop plein de luminosité soudain.
La police a décidé de fermer toutes les boîtes de la Bangla à deux heures du matin. C’est
bien ma chance. Je prends le numéro de Dao, avant que nous sortions tous de la boîte
en suivant le long cortège de noctambules qui se déverse petit à petit sur la bangla.
La soirée veut en finir avec nous mais nous ne voulons pas en finir avec elle. Nous filons
au Chang pool, le plan de replis de toute la faune adepte de sexe tarifé. C’est ici
qu’échouent tous ceux qui sont déterminés à trouver quelqu’un pour la nuit. Le pool
n’est pas une boite mais un billard, donc il n’est pas obligé de fermer… belle pirouette
thaïlandaise.
Nous avons de la peine à nous frayer un passage jusqu’au bar. Tout le monde s’est
soudainement découvert une passion pour ce jeu de boules et de queues.
L’endroit est plein de français, le bar a des airs de pmu, les putes en bonus. Un
toulousain, d’environ quarante-cinq ans, visiblement alcoolisé vient nous parler. Il
demande à mon cousin si nous sommes français, ce dernier acquiesce, le toulousain
éclate de rire. « Vous êtes français de papiers vous voulez dire ! », rétorque-t-il, avant
de se mettre à entonner la marseillaise en prenant la position d’un soldat au garde à
vous. Nous éclatons de rire devant ses vaines tentatives de provocation. Quelques
minutes plus tard il arrête ses singeries puis s’éloigne en titubant vers le fond de
l’établissement.
L’ambiance pesante du chang pool nous contraint à retourner à l’hôtel prématurément.
Nous discutons dans ma chambre une petite heure tout en savourant des magnums
achetés au 7/11. Je m’endors sans difficulté aux alentours de 4h00.