Asie 2018-2019
#21
Saigon – 2 Janvier 2019

Nous sommes un groupe de 24, et je suis le seul Français. Le bus démarre à
8 h 15, et peu à peu nous sortons de la ville. Le paysage du bord de l’autoroute
se compose de rizières, de papayers, de maïs, de pitayas liés sur leur poteau au-
dessus duquel leurs dreadlocks vertes déferlent en liberté, de bananiers, d’arbres
à pain, avec parsemées ici et là dans les champs, des tombes.

Après une heure trente de route nous visitons la pagode Vĩnh Tràng épargnée
par la guerre et dont les par-terres alentour sont garnis de bonsaïs, de pervenches
et de pachypodiums. Peu après nous atteignons l’embarcadère sur le Mékong. Le
ciel est lourd et le fleuve boueux. Nous voguons en dérangeant des îles flottantes
de jacinthes d’eau. Nous visitons une ferme apicole de petites abeilles sans dard,
une fabrique de friandises au coco et tenons le temps d’une photo un python sur nos
épaules. Une animation musicale est assurée par des chanteuses et des musiciens
traditionnels.

Pour le trajet en pirogue sur le canal, le guide me place avec trois Malaisiennes fort
sympathiques. En débarquant je rattrape de justesse mon appareil au-dessus de l’eau,
et tout le monde applaudit. Nous traversons un verger de pomelos, de jamalacs et
de longanes. Je déjeune avec une famille d’Irlandais, de très braves gens. Le temps
est couvert, et il pleut par intermittence. Après le repas, nous nous reposons dans
des hamacs ou utilisons des vélos pour rayonner. Je somnole dans le bus du retour
qui, comme initialement prévu, nous dépose au point de départ à 17 h 30.


À 18 h 30 je remonte ma ruelle pour vérifier s’il n’est pas trop tôt pour les tapins.
Devant le salon d’hier je fais demi-tour. Et au niveau de Chez Boo, je croise un
petit modèle qui sans s’arrêter me dit : « How are you? ». Je me demande si je
la connais. Je fais mine d’attendre pour traverser, et je la vois qui s’achète un
petit pain à une échoppe sur le trottoir devant le Circle K. Après deux ou trois
autres coups d’œil insistants, je la vois qui me fait signe de la rejoindre.

« What are you doing?
– Nothing special, and you?
– You want to come with me? One million.
– Sure, but my hotel will need your ID.
– Where is your hotel?
– Kim, next street.
– Oh, mine is just opposite. Kiên Hotel. Let's go to mine, then.
– That would be great, but I must make sure you're not a minor. You look
   so young.
– I'm 33.
– You mean 23?
– No, 33, I'll show you my ID in my room. ».

Elle s’appelle Nhung, de Vũng Tàu.

Elle fait glisser une vitre coulissante recouverte d’autocollants. Et par les
escaliers encombrés de cartons nous accédons au premier étage, chambre
102. Son lit est défait et son pyjama en tire-bouchon. Comme les autres,
c’est « you give me money first ». Elle pose son sandwich sur sa table de
chevet à côté d’un grand verre en plastique. Il est aux trois quarts plein
de kiwis et autres fruits coupés en morceaux. Nous nous déshabillons
pour la douche. Elle a des petits seins ronds de préadolescente et des
petites fesses comme des mandarines toutes lisses. En tant qu’invité,
j’ai droit à la serviette qui n’a pas encore servi. Elle demande si j’ai
des capotes, et je sors une Onetouch grise.

Elle n’embrasse pas, alors je descends sous ses petits poils châtains et
lèche sa chatte longtemps. Je n’entends pas ses réactions à cause du bruit
de la clim et de ses cuisses sur mes oreilles. Je demande à passer en 69, et
j’aspire son chewing-gum comme une sucette polymorphe. Ses petites fesses
sont d’une douceur infinie. Elle m’installe le préservatif et me monte dessus.
Moins d’une minute plus tard elle me demande : « You like? » Pour l’encourager
je dis : « Oh yes! ». Et sans que je comprenne sa logique, elle me dit :
« OK, you fuck me now. » Et elle se met sur le dos.

Malgré son attitude un peu brusque, je reste suave à mort pour tenter de lui
communiquer ma relaxation apparente et gagner sa confiance. Mais je ne peux
pas simuler l’érection. Avant que ça n’empire, je la mets successivement en levrette,
puis presque aussitôt après en latéral, mais sans autorisation de doigter son trou. Je
propose la solution de la dernière chance, la branlette en 69. Ça lui convient, car elle
dit que sa bouche est fatiguée. Je retrouve ma tétine pacifiante et fantasme sur son
petit anus. Je m’encourage avec mes propres gémissements pour remplacer les siens
que je n’entends pas. Et je parviens à jouir.

Après la douche, elle demande ce que je vais faire. Je dis que je vais probablement
rentrer me reposer. Alors elle enfile son pyjama et dit qu’elle va dormir aussi. Elle
se laisse prendre en photo et m’accorde une attention inattendue, jusqu’à ce j’en
comprenne la raison quand elle demande : « You tip me? » Je dis que je reste
encore une semaine, que nous aurons l’occasion de nous revoir. Quand elle comprend
que je campe calmement sur mes positions, elle me dit bye-bye et m’ouvre la porte.
Je sors de son hôtel, je fais cinq pas en diagonale dans la rue, et j’arrive dans le mien.

Je dîne à l’Asian Kitchen, puis continue de me balader. Je demande à une bouquiniste
si elle a The Two Faces of January. Je prends à la place L’Amant. Elle me prévient
que c’est en français. Je le relirai dans l’avion.


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#22
(16/02/2019, 18:12)elmadrileno312.0 a écrit : Excellent report comme d'habitude bien détaillé et bien illustré. Je prends plaisir à te lire à chaque fois. 

Tu devrais sérieusement penser à changer ton pseudo en analfister ou pussylicker  Grand sourire

Merci pour ce moment de voyage  Clin d’oeil

Analfister ! MDR ! Je n'ai jamais inséré mon poing dans un cul !
3 doigts c'était le maximum !
Mais merci pour ton retour, j'apprécie. Sourire
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#23
Merci pour ce report
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#24
Merci Moh
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#25
(Pas de sexe ou si peu à Bornéo. Prière de patienter jusqu’au 9 janvier, les pervers. Merci.)

Bandar Seri Begawan – 3 Janvier 2019

À l’heure précise de l’ouverture de l’enregistrement, dans un élan synchronisé,
les membres du personnel de la Royal Brunei Airlines se lèvent et s’inclinent
devant les trois files de voyageurs, puis nous font signe d’avancer. Avant le
décollage les écrans se baissent pour afficher le texte de la prière en arabe.
Les gens autour de moi lèvent les mains et prient. Puis les écrans s'encastrent
dans les dossiers. Pendant le vol, l’hôtesse demande à mon voisin si c’est lui
qui a commandé un repas spécial, alors que mon numéro de siège est bien
écrit dessus, comme si je n’avais pas une tête à manger Jaïn. Nous atterrissons
à 16 h 58. Sur le formulaire de la douane figure la rubrique « race ». J’ai écrit
« human ». Et comme pour se venger de mon impertinence, la policière entache
de son tampon le plein milieu d’une nouvelle page de mon passeport qui à ce
rythme sera plein avant sa date de péremption.

Il faut remonter au niveau des départs pour trouver un bureau de change.
Un taxi propose 25 dollars. J’en prends un à compteur, et j’en ai pour 21.50.
La ville est propre et ressemble à un Singapour miniaturisé, un petit Seahaven
tranquille, comme un tapis de jeu pour petites voitures.

La guest house est peu avenante, deux lits superposés sans fenêtre, avec jour
artificiel provenant de la lumière du couloir qui filtre sous le plafond. Je sors et
marche le long du waterfront. On entend les bateaux rapides qui tapent du plat
sur l’eau. Beaucoup de Brunéiens font leur jogging du soir. Je ne trouve aucun
restaurant qui me mette à l’aise ni aucune nourriture qui me plaise dans les
petits magasins. Je rentre sans manger, et je change de chambre pour
m’éloigner de la clim collective qui reste bloquée sur 23.

Je me rends à la douche, enveloppé dans une immense serviette éponge qui sert
aussi de couverture. Je croise trois jeunes filles en hijab. Plus tard j’entends leurs
rires provenant d’une de leurs chambres. Trois gentilles pucelles aux clitoris tenus
bien sages par leur culture, et moi tout seul, la bite bien sage aussi, par nécessité.


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#26
Bandar Seri Begawan – 4 Janvier 2019

Je dors de 20 heures à 3 heures du matin, puis jusqu’à 7 heures. Je déjeune dans
un restaurant après le Burger King d’un riz frit et d’un café. Je visite la mosquée
Omar Ali Saifuddien, la plus grande du pays, juste l’extérieur, pour cause de
vendredi. À 9 heures c’est déjà la canicule. Je prends un double expresso au
Coffe Bean and Tea Leaf, hyper climatisé. Je reprends la direction du fleuve,
et pour un dollar une barque rapide me dépose sur l’une des jetées de Kampong
Ayer, le village sur pilotis.

Je me promène pendant deux heures sur des passerelles et des pontons d’un mètre
cinquante de large. C’est très tranquille, je ne croise presque personne. Des bateaux
rapides empruntent les chenaux les plus larges. La plupart des chats sont en liberté,
quelques autres sont en cage. Des crottes blanches sèchent à des endroits précis sur
les passerelles, comme s’ils avaient l’habitude de déféquer en groupes.

Trois types en T-shirts bleus à l’ombre d’une des jetées entament la conversation.
La France leur évoque aussitôt Mbappé, Giroud et Griezmann. Ils disent qu’ils
sont policiers et me montrent leur poste juste derrière. Nous discutons cinq minutes.
Je leur sors deux phrases en Indonésien, ce qui les rend très joyeux. L’un d’eux dit
qu’il aime l’Indonésie, surtout Bandung où il se rend avec escale à KL, sans me dire
précisément ce qui l’attire là-bas. Puis il place deux barquettes de gaufres dans un
plastique qu’il me tend. Je marche jusque sous le grand pont suspendu où sont
garées les voitures. Je retraverse le village par un autre itinéraire.

Le sol en planche bouge, l’eau semble immobile, et je marche en vacillant. Je
rencontre quatre enfants. Ils demandent d’où je viens. Et comme les adultes,
ils répondent en chœur : « Thank you for visiting Brunei! » Et ça tombe bien,
il me reste quatre gaufres. Je rentre prendre une douche, rends mes clés et
utilise pendant encore une heure la clim et le wifi de l’hôtel avant de
descendre prendre mon bus qui attend juste devant.


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#27
Miri – 4 Janvier 2019 (suite)

L’autoroute est propre, ses contours bien définis et ses lignes bien peintes. Tous les
véhicules semblent rouler à 80. Je suis derrière le chauffeur. Son aide est sur un siège
escamotable dans les escaliers. Et le seul autre passager est trois rangées derrière moi.
Personne ne parle, aucune musique, juste le bruit du moteur. Une autoroute intemporelle
sous le soleil, avec au-dessus et autour des nuages blancs et des arbres.

À 15 heures nous quittons l’autoroute et tournons à droite à Seria pour un arrêt de cinq
minutes à la petite gare routière où montent deux autres passagers. C’est une petite ville
tranquille avec des zones pavillonnaires qui semblent neuves, et où rien ne semble jamais
se passer.

À 15 h 30, nouvelle pause à la gare de Kuala Belait où personne ne monte. Puis nous
nous arrêtons à une station service. Le litre de gazole est à 0.31 BND, soit 19 centimes
d’euros. Puis après un rond-point dont le motif est une théière nous reprenons la route
principale qui n’est plus qu’à deux voies.

À 16 heures nous arrivons à l’immigration. Après le passage de la frontière côté
malaisien, les marquages au sol sont moins nets, et les poteaux et les arbres sont
recouverts de publicités annonçant des événements ou vantant des articles soldés.

Nous arrivons à la gare routière de Miri à 17 h 10. La milf à casquette qui conduit
le taxi me drague subtilement. Elle me dépose à un bureau de change, puis à l’hôtel
pour les 20 ringgits convenus.

Je sors à 19 heures. Il fait nuit mais encore chaud. Je m’assois en terrasse d’un
restaurant, près de l’hippocampe du seafront. Puis je marche en direction de
Jalan Merbau. Je vois une enseigne en forme de pied dont le contour est éclairé
en jaune. J’entre et je demande les prix. Une jeune Chinoise dialogue avec moi
via son traducteur vocal. Je chuchote : « No boom-boom? » Ça, elle comprend
sans son google et fait non d’un sourire gêné.

Je continue à marcher. Je dépasse l’Imperial Hotel où d’après le plan se trouve
un vaste espace vert. Il fait nuit, le mausolée est éclairé et le parc semble désert.
Je marche vers la droite et j’entends des rires et des cris. Ça semble fantomatique.
J’ai l’impression qu’après m’être approché, ces expressions de joie vont d’un coup
disparaître, comme une hallucination auditive. Je distingue des silhouettes qui jouent
au ballon. L’acoustique donne l’impression d’un théâtre grec. Et je ne peux toujours
pas complètement me convaincre que je suis à cent pour cent dans le monde réel.


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#28
Miri – 5 Janvier 2019

Je visite le temple Tua Pek Kong. L’odeur des bâtons d’encens plus gros que
des cigares se mélange à celle des poissons de la halle voisine. J’amorce un
demi-tour par la rue parallèle, l’extrémité du Times Square où se prolongent
les lampions rouges. Il fait très chaud, et je me dirige en fonction des zones
d’ombre.

J’accède au parc. Sous un kiosque, deux filles et un mec dansent la zumba.
L’aire de jeux antique se révèle être un terrain de sport carré. La lumière et
la chaleur dépouillent cet endroit de tous ses mystères. L’objectif que je me
suis fixé est d’atteindre le Golden Lily. Mais à partir du stade je commence
à ne plus être sûr de l’itinéraire.

Je marche longtemps sous le soleil. Et je me retrouve dans un cimetière
chinois qui déborde sur deux rues, près du bras de la rivière, avec en arrière-
plan des épaves de bateaux. Il est prolongé par le cimetière musulman entouré
d’un muret. La blancheur des tombes répond comme en écho visuel à celle
parfaite et odorante des frangipaniers. Je me repère grâce au Pullman qui
domine la ville. Et trempé de sueur, je regagne mon hôtel vers midi.

Je ressors vers 14 heures, tandis que débute une violente averse. Je déjeune
au Wang Sing Café, puis je retourne dans ma chambre, et le tonnerre commence.

Quand l’accalmie se confirme, je me dirige vers le pied jaune où j’ai pris des
renseignements hier, sur Jalan Sim Chen Kay. Ça s’appelle le Cosy. Je dis à
la fille de la réception que je prends le massage à 48 ringgits pour une heure.
Elle parle dans un micro qui produit du larsen, elle déplace un pion aimanté
sur une ardoise blanche, prend une clé, puis me dit de la suivre. Elle me conduit
à l’étage. Je comprends que c’est elle qui va me masser, et pas la petite biche
d’hier.

Elle me fait mettre en slip, et je m’allonge sur le ventre avec le visage dans le
trou de la banquette. Elle me prodigue un massage costaud et professionnel.
Son téléphone carillonne pour marquer les quarts d’heure. Au bout du deuxième,
elle me fait me retourner, frôle ma bite d’une main en bougeant l’autre très vite.
Et je comprends qu’elle me propose le handjob à 50 ringgits supplémentaires.
Je touche son creux de chatte dans son short. Elle dit non, ou alors c’est encore
100 de plus. Je n’arrive plus à calculer en base 4.65. Mon cerveau se refroidit
et se bloque pendant qu’elle attend ma décision. Je devine vaguement que ça
doit faire dans les 50 euros. L’enveloppe de mon budget pour les putes n’a pas
été ouverte depuis trois jours. Donc globalement, je ne serai pas déficitaire.
Elle s’assure que j’ai des capotes et elle demande l’argent.

Son téléphone sonne. Il semble qu’elle ait une urgence. Elle se rhabille en vitesse
en disant : « Solly », et fait avec ses index un mouvement de rembobinage pour
dire qu’elle revient. J’exige qu’elle me laisse son téléphone, car elle a mon argent.
Elle lit un message, dit que c’est OK, et elle se redéshabille. Je le lui fais mettre
en sourdine une bonne fois pour toutes.

Elle me dirige vers l’autre table de massage, me fait enlever mon slip et me nettoie
avec des lingettes. Elle retire le sien. Je dégrafe son soutien-gorge et relève son
T-shirt. Elle a un troisième sein dans le dos. Puis autour plein d’autres, à aréoles
plates et violacées. Tout son dos en est recouvert, environ une douzaine. Je reconnais
les traces d’un massage par ventouses avec les petits pots en verre. Et le téton
en relief est un grain de beauté.

Elle ne veut pas que je la doigte, mais je peux faire ce que je veux de ses seins. Elle
m’installe le préservatif, alors que je ne suis qu’à demi-raide. Elle se couche sur la
première banquette, et je la pistonne mollement. Même debout à la perpendiculaire,
je sens sa mauvaise haleine. Alors je me rabats sur ses seins. Puis je lui demande
de se mettre en doggy. J’essaie de me délecter de la vue de sa croupe écartée avant
de me mettre dedans. Par moments j’entends sur l’autre lit son téléphone qui vibre.

Elle propose de me chevaucher. Elle bouge bien, mais pour zéro résultat, car elle
n’a pas compris que j’ai besoin au minimum de la doigter pour être dur. Elle arrête.
Je reste allongé, et elle se place debout à côté de moi. Elle observe la capote, déçue
que je n’aie toujours pas joui. Alors elle la retire et se passe du lubrifiant sur la main.
J’arrive à attraper sa fesse et mettre le bout de mes doigts près de son trou. Je ferme
les yeux. J’imagine une fille jeune et jolie. Mais je dois la grossir un peu afin que les
informations transmises par ma main coïncident avec l’image mentale que je crée. Et
je parviens à jouir en en mettant partout.

J’apprends qu’elle est de Beijing. Elle dit qu’elle a 35 ans et qu’elle s’appelle
Thou Yao. Quand je lui demande d’écrire son nom, elle secoue la tête en rigolant.
Elle disparaît une seconde derrière la porte et revient avec la clé numéro 9 qu’elle
me montre. Et elle répète : « Thou Yao », comme si son nom pour le travail n’était
qu’un numéro.


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#29
Merci pour le report
Sympa les photos
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#30
Kota Kinabalu – 6 Janvier 2019

Après 50 minutes de vol, j’atterris à Kota Kinabalu. J’achète un coupon 30
ringgits, et le taxi me dépose au Kooler Inn, dans le soi-disant quartier des
putes. La réceptionniste très mignonne me dit où je peux changer de l’argent.
La chambre est petite mais douillette et décorée avec goût. Je marche en
repérage. KK est plus vivante que Miri, mais il y fait aussi chaud. Je marche
jusqu’à Jesselton Point. Le guichet des ferries est fermé. Je redescends en
longeant la mer. J’entre cinq minutes dans le Suria Sabah Mall pour une
escale de fraîcheur. Je traverse un marché couvert, puis tourne à gauche
quand je sens que je suis arrivé à hauteur de l’hôtel.

Je fais le tour d’un bloc du quartier des putes. Mais le peu que je vois,
ce sont de vieilles Chinoises de plus 35 ans, costaudes et moches, avec
des visages figés qu’elles s'efforcent de rendre expressifs. Vers 16 h 30,
je m’assois au Restoran New Rahmat, près de l’hôtel. Je prends un café
au lait et un nasi goreng kampong servi avec une coupelle de bouillon
parfumé à la feuille de combava.

Je paie ma chambre et demande à la réceptionniste à quelle heure elle
termine son travail. Elle me dit à 22 heures. Je demande si c’est pareil
tous les jours. Elle dit que demain elle finit plus tôt. En titillant sa
pointeuse biométrique, je l’invite à sortir dîner demain soir. Elle
sourit, un peu embarrassée, et dit qu’elle habite loin. Je ne veux pas
nous mettre davantage mal à l’aise et lui dis à plus tard.

Le soleil est couché. Il fait toujours chaud. Je tombe sur deux autres
Chinoises. L’une d’elle me dit : « Fucking? OK? OK? » Elle me presse
comme quelqu’un qui panique, comme si elle parlait à un accidenté sur
la route. Leur vieux papasan s’en mêle, et ils s’engueulent pour je ne
sais quoi. Plus loin j’en vois une autre seule, plus calme, mais vieille.
Elle me montre un billet de 50 ringgits. Même gratuitement j’aurais dit
non. Je préfère partir manger à l’immense cantine du bord de mer. Puis
je m’achète un jus de corossol et retourne dans ma chambre tchatter
avec quelques Pinays.


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