Toujours le même régal à te lire, quoi que peut-être même plus que ton dernier récit, les photos en moins...
J'aurais bien voulu quotter les passages que j'ai le plus apprécier mais ils sont trop nombreux cette fois...
La vie affective qui a fait naufrage, la destination de secours, le boudins aux gros seins, le briefing du farang de doctor BJ, le lavabo à bites, le pathétique masculin, jouer les cadors dans les bars à putes, Apple la valeur sûre gonflée à l'hélium, la différente...
Bon allez j'en balance un...la vie au baan...peut-être parce que je suis en train de lire le pamphlet de Lucien en ce moment comme à ton époque pré Damrong
"Tiens, je devine encore une belle occasion de me ridiculiser, en la demandant en mariage par exemple.
Je pose ma démission, terminé les costards, un aller simple et je finis au baan.
On survivrait grâce à la vente de ma baraque. Moitié paysan, moitié alcoolo, 100% looser crevard.
En tongs toute la journée, abruti par la chaleur et l’alcool local. L’aboutissement d’une vie. Mon apothéose.
Toute sa famille, bande de tocards illettrés, pour se foutre de ma gueule.
Mais ils auraient tellement raison. Je prendrai prétexte d’une vague histoire d’amour bidon.
Une histoire dans laquelle nous serions perdus l’un et l’autre.
« Moi qui l’inventerais, elle qui ne la comprendrait pas », pour paraphraser Besson dans « Come baby ».
Je lui ferai des mioches. Et quand je pourrai plus bander, tant pis, je lui reniflerai le cul.
Elle irait chercher satisfaction ailleurs, en se faisant tirer par les bogoss du quartier.
Je me prendrai pour le prince des punters, alors que je ne serai juste que le roi des ratés.
Même pas barré dans une vie flamboyante, avec du panache, genre j’ouvre une petite épicerie ou une crêperie au fond de la campagne thaïe, non, juste une vie de merde, au ras de l’Issan, vide de sens mais pleine d’humiliation.
Mon terminus à moi. Assigné à une médiocrité persistante, le seul truc qui m’appartiendrait.
Je relirai « Les décombres » de Rebatet, ou encore « la gerbe des forces » de Chateaubriand.
Toute une jeunesse. Ma jeunesse, l’époque pré-Damrong. Autant dire des millions d’années".
Tu as gratifier les lecteurs que nous sommes de quelques perles, le genre qui donne férocement l'envie d'en découdre avec le LOS...
Bravo !